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 This ain't no place for no hero - Reno

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MessageSujet: This ain't no place for no hero - Reno   Lun 11 Sep - 12:35


This
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Jusqu’au bout, elle garda la face. Y compris cet instant où elle se retrouva suspendue au-dessus d’un océan à perte de vue, qu’elle savait que le Cauchemar l’y lâcherait, qu’elle ignorait la direction à prendre et qu’elle n’était même pas certaine que son PHS était encore un minimum opérationnel pour prévenir les secours. Comble du drame, il faisait nuit noire. On aurait presque dit, dans les derniers mots de Sephiroth, que celui-ci espérait la revoir (ce qui était pas mal ironique vu que la geostigma qu’il lui avait refourgué et ce largage 20 000 lieues loin des terres laissaient clairement entendre qu’ils ne se reverraient jamais parce qu’elle crèverait bien avant). Sur cet adieu, il la lâcha sans vergogne et le corps de la soldate s’écrasa lourdement dans la mer. Lightning ne chercha même pas à remonter à la surface et se laissa couler mollement au départ, le regard morne. Elle n’avait pas la force de continuer, elle était bien trop blessée, bien trop lasse. C’était peut-être mieux de mourir d’une noyade que de cette maladie odieuse de toute façon, qu'elle se disait. Dans l’eau, là où personne ne pouvait l’entendre et se moquer, elle hurla à plein poumon jusqu’à ce qu’une douleur dans ses entrailles lui rappelle qu’elle saignait abondamment et ne pouvait pas se permettre de rester plus longtemps sans air. Et elle se dit qu’elle voulait mourir comme ça, sauf qu’elle n’y parvint pas. Elle était trop lâche, ou peut-être pas suffisamment désespérée. Lâche, tout compte fait. La jeune femme battit des bras et des jambes pour remonter à la surface. Elle sortit son PHS de sa ceinture et constata sans surprise que l’écran était éteint. Même si l’appareil était étanche, il n’avait pas soutenu la température du Glacier. Peu importait, la seule chose qui l’intéressait, c’était le bip d’urgence, programmé pour fonctionner quelles que soient les circonstances, et il fonctionna. La petite lumière rouge se mit à clignoter et elle le rangea. Elle ignorait que le système de géolocalisation était devenu légèrement bancale, ce qui ne faciliterait pas le travail des secours pour la trouver… sans compter qu’elle refusa de rester sur place et décida de nager dans une direction au hasard. La nuit était calme, la mer aussi, Light n'avait donc pas beaucoup d'effort à fournir pour rester à la surface heureusement pour elle. L’eau n’était pas tant glaciale, la preuve que Sephiroth l'avait pas mal éloignée du Continent Nord. Mais où l’avait-il fichue ?! Elle était épuisée, blasée et bien trop couarde pour mettre fin à ses jours en s’empêchant de respirer, alors elle continua d’avancer en pleurant comme une petite fille triste et pleine de rage à cause de son impuissance, et surtout de l’injustice dont elle se trouvait victime. Ses pleurs cessèrent rapidement et elle nagea longtemps sans penser, des heures durant, elle continua d'avancer malgré son absence de conviction. Pourquoi n’avait-elle pas déjà mis le pied sur un continent, après tout ce temps à ramer ? Quelle direction avait-elle prise ? Si ça se trouve, elle était en route pour le Wutai ! La vraie question aurait dû être, pourquoi son cerveau ne l'avait pas déjà lâchée avec tout le sang qu'elle avait perdu... peut-être parce qu'en fin de compte, non, elle ne voulait pas mourir.

Lorsque les premiers rayons de soleil, très frileux, percèrent quelques peu la brume, le vent se leva. Elle sentit les prémices d'une forte agitation de l'océan. Très mauvais pour elle. Cependant, le bruit lointain des pales d’un hélicoptère lui parvint également, mais elle crut à une illusion portée par le courant. Lightning n’avait plus la force de nager et d’avancer, encore moins maintenant qu’elle avait l’impression qu’on venait pour elle. L’engin ne tarda effectivement pas à pointer le bout de son nez d’entre le brouillard. C’était si inespéré qu’il pouvait très bien s’agir d’un mirage. Agissant de façon mécanique, Lightning leva sa Gunblade qui émit quelques petites charges électriques destinées à la rendre facilement repérable, elle tira d'ailleurs deux balles dans le vide au cas où. Lorsque l’échelle tomba du ciel, le capitaine commença à grimper puis se figea. Ce n’était pas un rêve, elle était tirée de ce cauchemar. Cette réalisation amena inévitablement la prise de conscience de tout ce qu'elle avait enduré la veille et de ce qu'elle allait endurer. Le coeur lourd et le corps tremblant, elle laissa tomber son front contre la barre métalilisée de l'échelle en lâchant des sanglots à peine étouffés mais totalement inaudibles de toute façon. Elle profita de ces derniers instants de répit face au monde, ces derniers instants où elle pouvait se laisser aller avant qu’il ne lui faille être forte encore, plus forte qu’avant. La soldate n’avait pas le choix. Ravalant ses pleurs, bien qu'elle avait encore un bon nombre de larmes en stock, elle releva un visage calme, quelque peu grave, et reprit son ascenssion vers l’hélicoptère. Celui-ci n’appartenait pas à la WRO. A l’intérieur, Lightning constata qu’il n’y avait personne, si ce n’est un pilote. Levant un peu sa lame pour regarder son reflet et vérifier que ses yeux n’étaient ni trop bouffis, ni trop rouges, elle arracha ensuite un pan de sa cape d'hiver blanche rattachée à son plastron (et déjà pas mal déchirée de base à cause du combat) et l’enroula autour de son bras noirci des geostigmas pour les dissimuler. Ses heures d’errance dans l’eau ne l’en avaient pas lavée. Elle se dirigea ensuite vers l’avant de l’appareil et prit la place de copilote, la tête basse, son bras bandé recroquevillé contre elle. Lightning resta un instant ainsi, le dos un peu courbé. Elle avait beau tenter de se composer un masque impassible cachant son profond désarroi, voire pire, son traumatisme, on voyait tout de même qu’elle était prostrée, abattue. Si bien qu’elle n’osait rien dire. Elle n’avait pas formulé de salutation, ni même de remerciement, elle n’avait rien dit. Pour sa défense, elle ne pouvait encore rien dire. La réalité l’écrasait bien trop. Le souvenir de Sephiroth la transperçait de toute part. Après cinq bonnes minutes à rester silencieuse avec ce camarade bien moins taciturne qu’elle, Lightning consentit à enfiler le casque de copilote qui lui permettrait de l’entendre et de communiquer avec lui. « Merci », murmura t-elle d’un ton éteint. N’osant toujours pas tourner la tête vers son sauveur -dont elle avait aisément deviné l'identité sitôt que la chevelure écarlate de celui-ci avait franchi son champ de vision- elle releva les yeux vers le tableau de bord, notamment l’écran qui indiquait à la fois leur position, et la direction qu’il prenait. Le capitaine ne tarda pas à deviner leur destination, qui était la plus évidente : Junon. Elle pourrait disposer de bons soins à leur QG, mais ce n’est pas là qu’elle voulait aller. Peu importait les plaies, et le sang perdu, on ne guérissait pas la géostigma, là-bas. « Pas Junon… Midgar… s’il-te-plait. » Après un long moment d’hésitation, elle tendit sa main encore saine et immaculée vers lui, l'autre demeurant contre elle comme si elle s'était cassé un os. « Tu me l’actives, Reno ? » demanda t-elle en pivotant un peu le bras pour révéler la matéria Restaurer incrustée dans la protection qu’elle portait encore. Light n’avait pas l’énergie pour le faire elle-même et avait dû prendre beaucoup sur elle pour tout d’abord le reconnaître, et ensuite formuler une telle demande, elle qui était pourtant si fière.


HARLEY-

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MessageSujet: Re: This ain't no place for no hero - Reno   Jeu 14 Sep - 20:45


« Sauvetage en pleine mer. »



Les situations d’urgence n’étaient pas les plus agréables à gérer. Outre le fait qu’elles mettaient les nerfs à l’épreuve, car elles impliquaient parfois des moments assez épineux, elles nécessitaient une préparation hâtive et malgré tout rigoureuse. Il s’écoulait par malheur bien trop peu de temps entre chacune d’elle, et il arrivait qu’une fois sur place, il soit déjà bien trop tard. Le timing se devait d’être… Parfait. Et elle était loin, la gloire de la Shinra, l’apogée du pouvoir des Turks, et toutes ses mécaniques bien huilées qui permettaient d’avoir toujours un plan de secours et quelqu’un sous la main pour des tâches pareilles. Désormais, il devenait compliqué de dégoter suffisamment de personnes disposées à risquer leur peau, et avec les accidents qui ponctuaient depuis peu leur quotidien, les choses étaient compliquées à gérer. C’était en partie la raison pour laquelle Reno était seul, cette fois ci. Il ne se plaignait pas, en revanche, cela aurait le mérite de le bouger un peu, mais il n’aurait pas été contre la compagnie d’un copilote. Il avait la sévère impression de se rouiller à cause du manque d’action, mais il avait bien trop l’habitude d’être en permanence avec son comparse pour apprécier la solitude relative qu’on lui imposait. Si la tâche lui semblait un peu ennuyeuse, car il ne s’était en premier lieu pas demandé pour quelles raisons un vent d’affolement avait régné quelques minutes suite à l’alerte, il s’avéra que c’était plus important qu’il n’y paraissait. Lightning, en premier lieu, n’était pas un nom qui lui était inconnu, raison pour laquelle il passa de décontracté à sérieux en quelques secondes. Ensuite, il s’agissait d’un problème qui suivait la visite de la jeune femme au Cratère Nord. Le signal venait en revanche du milieu de nul part. Comment était-elle arrivé là-bas ? La question se posait, mais il voyait mal la raison pour laquelle elle aurait fini en mer. Tâter de nouveau de l’hélicoptère, pour la première fois depuis un bon moment, lui fit presque plaisir. Les circonstances n’étaient pas des meilleures. Partir de nuit, ainsi, c’était sacrifier son sommeil, mais par chance il décolla vite. L’habitude. Comme s’il n’avait pas déjà arpenté des kilomètres en pleine recherche de fuyards ou de disparus… Si la bouffée d’adrénaline qu’il avait eu suffisait à lui donner un regain d’énergie l’espace d’un moment, force était de constater que le trajet… C’était autre chose. C’était long, ennuyeux, il n’avait personne pour discuter, et le noir qui l’englobait l’empêchait même de rêvasser. Le plus frustrant, c’était toutefois de savoir pertinemment que ce calvaire durerait encore longtemps. Il n’avait pas de raisons de se concentrer pour le moment, comble du désespoir.

Des heures d’ennui plus tard, il compritl’expression « chercher une aiguille dans une botte de foin ». Retrouver la jeune femme serait plus compliqué que prévu. Le signal était mauvais. Et bien sûr, elle avait oublié la leçon numéro un de la personne perdue : ne pas quitter l’endroit où elle était. Ces deux faits, associés à l’obscurité qui régnait, auraient bien pu rendre le Turk fou. Les lumières de l’hélicoptère, si elles devaient être visibles de loin, n’éclairaient à son goût pas assez pour lui permettre d’y voir réellement autour de lui. Il se mit bien vite à jurer dans sa barbe inexistante, et sentit une certaine tension monter alors que les minutes s’écoulaient. Il aurait tout aussi bien pu passer à côté d’elle et la rater. Il ne savait même plus s’il devait se fier au radar ou à l’instinct, miser sur la technologie qui le lâchait au pire moment ou sur le hasard. Si elle avait déjà coulé, il s’en voudrait un peu. Elle avait au moins la chance, dans son malheur, qu’il ait été balancé à sa recherche. S’il n’avait été aussi têtu, il aurait sans doute fini par laisser tomber. Mais il s’agissait d’un Turk, et il la ramènerait. Morte ou vive, par ailleurs. Il y passa, finalement, la nuit entière, arpentant la zone où elle était censée se trouver, et constatant avec un certain dépit que le signal déjà brouillé se déplaçait en même temps que lui. Foutus soldats, trop solides, trop têtus, ne pouvaient-ils donc pas rester tranquilles quelques heures ? Elle devait être vivante. Il l’espérait. Sinon, cela faisait plusieurs heures qu’il jouait au chat et à la souris avec un radar défectueux et imprécis.

Il commençait à fatiguer, conduisait d’un geste mécanique. Les lueurs du soleil naissant confirmaient sa nuit blanche, et il n’était pas rendu s’il continuait à ce rythme. S’il n’avait pas été certain que Lightning était suffisamment solide pour tenir à une nuit dans l’eau glacée, dans un état qu’il ne connaissait pas, c’était à ce moment-là qu’il l’aurait jugée morte. D’hypothermie. De fatigue. De n’importe quoi, mais sous l’eau, à nourrir les poissons. Et le signal continuait inlassablement de se mouvoir. Le vent se levait, et il se força à la concentration pour ne pas se laisser bêtement dévier. Un engin pareil n’était pas non plus si aisé à piloter. Et la brume se levait, peu à peu, lui faisant perdre le reste de sa patience déjà bien entamée. Etre seul n’avait pas que des désavantages, au moins pouvait-il parler seul, jurer seul, et être grossier seul. Tant pis pour toute l’élégance du monde, il s’en donna à cœur joie. Contre l’océan, contre le vent, contre la brume, et contre le fait qu’il avait l’irritante impression de ne pas avancer. La seule bonne idée qu’eut la jeune femme fut de tirer, et de se manifester, parce qu’à force de voir défiler de l’eau partout, l’attention du rouquin avait malgré tout diminué. Il fut presque aussi soulagé qu’elle lorsqu’il aperçut sa silhouette malmenée par les vagues qui commençaient à se réveiller. Le plus dur était fait. La récupérer ne lui demanda pas d’efforts particuliers, même si elle mit tant de temps à grimper qu’il eut la ridicule pensée qu’il l’avait assommée avec l’échelle. Si elle n’avait eu assez de force pour se débrouiller seule, il ne savait pas ce qu’il aurait fait. C’était pour cette raison qu’il fallait partir accompagné. La chance était enfin avec lui.

Elle le rejoignit enfin, et il s’autorisa à détendre ses épaules, et lâcher un mince soupir de soulagement. Bon sang. Elle était entière. Très abimée, mais entière. A mieux y regarder, elle paraissait exténuée. Il ne prononça pas un mot, inutile vu le bruit que faisaient les pâles, et la contempla alors qu’elle s’installait. Il la trouva diminuée. Elle n’avait pas fière allure, trempée, dans ses vêtements déchirés. Prostrée ainsi, il n’apprécia pas l’impression de fragilité qu’elle renvoyait malgré elle. Il pinça les lèvres, mais ne se permit cependant pas de familiarités, ou de gestes de réconfort. Il ignorait si elle le prendrait bien. Il ne la connaissait pas assez pour ça, et peut-être préférait-elle garder un peu de dignité. Il avait alors repris le chemin du retour, laissant s’instaurer ce silence qui faisait grandir sa curiosité tout comme il laissait une certaine compassion serrer son cœur. Qu’avait-elle vu ? Qu’avait-elle vécu pour afficher un tel visage ? Enfin, un mouvement à ses côtés lui fit tourner les yeux vers la rescapée, qui venait de mettre enfin son casque et le tirer de cette impression de ramener envers et contre tout un cadavre. Elle le remerciait, mais cela n’eut comme effet que de lui faire hausser les épaules. C’était son boulot. Au fond, il était plutôt content d’avoir pu la tirer de ce mauvais pas. En revanche, lorsqu’elle évoqua Midgar, il eut un sursaut léger, et un souffle des plus expressifs.

-Midgar ? Comment ça Midgar et pas Junon ? Tu crois vraiment que j’ai envie de me taper un détour ?

Il avait le droit de se plaindre un minimum syndical, tout de même, après la nuit de stress qu’il venait de passer. Son ton sec eut un léger accroc lorsque la main de la jeune femme se tendit vers lui, et il avisa la matéria qui logeait dans son armure. C’était au moins une bonne chose. Elle paraissait exténuée, chose qu’elle lui confirma implicitement en lui demandant de l’activer. Il ne releva pas, se contenta de poser la main sur l’orbe et la faire fonctionner. Une chance qu’il soit en forme. Les blessures commencèrent à s’effacer un peu, lentement, mais il ne pouvait se permettre d’abuser de ce pouvoir trop longtemps. Il devait encore les mener à bon port, et s’il fatiguait trop, il serait moins efficace. Il puisa néanmoins un moment dans ses ressources, et ce fut avec un regard d’excuse qu’il dût stopper à un instant donné. Elle n’était pas rétablie, mais au moins devait-elle se sentir déjà un peu mieux.

-J’ai de quoi grignoter, si tu as faim, annonça-t-il en pointant quelques biscuits qui trainaient.

Comme s’il allait partir sans emporter de quoi se caler un peu. Il fut sceptique en voyant qu’elle maintenait toujours son bras contre elle. Cassé, sûrement. La matéria devait ne pas avoir eu assez d’effets pour le réparer… Il détourna les yeux vers l’horizon, devant eux, et finit par prendre pitié pour de bon. Comment refuser quoi que ce soit à une survivante pareille ? Et puis, sa mission, en soit, était de la retrouver. Il n’avait jamais été dit explicitement qu’il devait la ramener à Junon. Alors il fit dévier l’appareil sans en dire un mot. Elle le verrait sans doute sur les cadrans, tout comme elle avait vu leur précédente destination, et cela lui éviterait d’avoir à donner une justification quand à cette action. Un nouveau silence s’instaura, mais fut moins loin que le précédent, car il ne pouvait décemment pas se contenter de l’avoir à côté de lui dans cet état sans savoir ce qu’il en advenait.

-Que s’est-il passé ? Aux dernières nouvelles, tu étais loin d’ici. Certainement pas au milieu de la flotte. Même pas proche, en fait.

Il manquait sans doute un peu de tact en lui demandant si vite, alors qu’elle paraissait encore sous le choc. Mais qui serait capable d’imaginer une once de ce qu’elle avait vécu ? De ce qu’elle vivait d’ailleurs encore au moment où il parlait ? Personne, et sûrement pas lui. En réalité, il n’avait même pas une idée. Il se disait simplement que cela devait être assez marquant pour impacter la jeune femme.

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MessageSujet: Re: This ain't no place for no hero - Reno   Sam 16 Sep - 15:53


This
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no
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« Midgar ? Comment ça Midgar et pas Junon ? Tu crois vraiment que j’ai envie de me taper un détour ? » La demoiselle cligna des yeux. La protestation du turk avait eu le mérite de la faire sortir de sa torpeur. Lightning réagissait mieux face aux réactions négatives. Elle tourna lentement la tête vers lui, toujours un peu apathique cela dit, et lui jeta un regard blasé. « T’es vraiment un branleur », marmonna t-elle sans complexe au type qui l'avait cherchée toute la nuit. Le capitaine avait l’art et la manière d’envoyer chier les comme il faut, mais cette fois, elle avait fait ça mal. Sa voix habituellement pète-sec s’était trouvée pâteuse, si bien que sa réplique mollasse donnait plus envie de se marrer que de s’offusquer. Puis c’est l’hôpital qui se foutait de la charité, elle aussi, elle était une branleuse dixit Sephiroth, bisou. C’est pourquoi elle avait voulu résoudre le fichu mystère du Cratère Nord en deux secondes cinquante. Ça, elle l’avait résolu, Light pouvait s’en féliciter. Mais à quel prix ? Elle n’avait pas supporté de tourner en rond et d’interroger des gens imprécis qui te parlent « d’homme en noir » qu’ils n’ont pas vraiment vu. Oui, cette bande de branquignols n’avait pas vraiment vu le grand Sephiroth, le type par excellence que même un aveugle reconnaîtrait à trois kilomètres de distance ! Il ne lui venait pas à l’esprit, encore maintenant, que ces gens aient pu mentir. Et c’est ce qui rendait toute la situation illogique, insensée. Que personne n’ait mentionné le nom de Sephiroth était insensé. Tifa, Reeve, les rescapés, personne n’avait parlé de lui, ça n’aurait donc pas dû être lui, ça ne pouvait être que ces « inconnus » en noir. Sachant qu’elle n’était pas familière aux incarnés (elle était un peu trop mourante quand ceux-ci étaient apparus), cela ne l’avait pas aidé à saisir les indices qui rendait le retour de Sephiroth évident. Et pourtant, pourtant elle avait pensé à lui en voyant les dégâts de l'incendie. Tout le reste avait contredit cette théorie et elle n’avait pas cherché plus loin car elle n'avait jamais connu le Cauchemar, elle n’avait connu que le général. Alors certes, on ne l’y reprendrait plus, mais c’était fichtrement trop tard. Maintenant, elle était là. Fracassée, sur un siège d’hélicoptère, à guetter la mort au loin. En tout cas, malgré son caractère de chien mal commandité, Reno consentit à la soigner du mieux qu’il put. La matéria étant au niveau le plus bas, le changement ne fut pas spectaculaire, mais il y en eut bien un. Quelques plaies s'étaient refermées, au moins « J’ai de quoi grignoter, si tu as faim ». On aurait dit que le regard incandescent de Light se mit à bégayer en étant posé sur lui, comme si Reno venait de dire quelque chose d’invraisemblable. Il faut dire que parler d’un sujet aussi simple et inoffensif que de la nourriture pouvait paraître invraisemblable quand on venait de se prendre une raclée de plusieurs heures par Sephiroth.

« J’ai la dalle » reconnut-elle, sa voix basse s’écorchant un peu. Il gère, se dit-elle. « Tu as de l'eau, aussi ? » La soldate saisit le paquet de biscuits de sa main valide, le ramena à sa bouche et l’ouvrit d’un petit pincement de dents. Elle réalisa que, même s’il avait manifesté son ennui, Reno prenait effectivement la direction de Midgar. Lightning tourna de nouveau la tête vers lui, le regard un peu plissé et brillant de reconnaissance. Il était sympa, Reno, et un peu comme elle. Qui râle, mais qui agit quand même. La présence du rouquin était assez réconfortante, et comme il était là et qu’elle se forçait à sauver les apparences, elle finissait elle-même par croire à son mensonge. Sa détresse était comme en stand-by, tout était comme un mauvais rêve. Elle se plongeait dans un état d’inconscience sur la gravité des choses. Pas d’oubli, juste d’inconscience. C’était donc le moment où elle devait dire un truc sympa. Reno était allé récupérer sa carcasse dans la nuit, ça faisait peut-être des heures qu’il la cherchait et il méritait certainement mieux que « t’es un branleur » et autres. Mais c’était toujours un peu délicat, pour Lightning, de dire des choses sympas. Elle n’avait aucun talent en la matière. Il ne lui laissa pas l'occasion de toute manière. « Que s’est-il passé ? Aux dernières nouvelles, tu étais loin d’ici. Certainement pas au milieu de la flotte. Même pas proche, en fait. » Il mettait les pieds dans le plat exactement comme elle l’avait fait avec les villageois Glaçon, la veille comme elle, Reno n’avait pas le time. L’interrogatoire, elle s’y attendait. Ils étaient paumés en mer, ils avaient de la route à faire et il y avait du temps à tuer. Forcément. Mais Lightning n’avait jamais aimé parler d’elle, c’était d’autant plus le cas désormais. « C’est vrai, j’étais loin d’ici », reconnut-elle à demi-mot, Light marqua une légère pause, les sourcils vaguement froncés, et en profita pour croquer dans un gâteau qu'elle mastiqua consciencieusement avant d'avaler. « Je devais mener l’enquête au village Glaçon. Paraît que l'incendie était l’œuvre d’hommes en noir, ça t’évoque quelque chose ? » conta t-elle mollement d’un ton vaguement ironique, voire sarcastique. Ça leur avait tous évoqué "quelque chose", à la base, surtout à Tifa (très probablement). Mais Tifa n’avait rien dit, comme si elle avait fait semblant de ne pas voir, ou de ne pas comprendre, ou comme si elle avait considéré que ce genre d’information ne se partageait pas avec sa collègue. « Quant à ce que je faisais en mer, invente-moi une aventure. Sois créatif, la nuit a été dure. Je t’écoute. Tu veux un biscuit avant ? » proposa t-elle (très sérieusement d’ailleurs) et Lightning avait de ça qu’elle agissait très souvent avant de parler, si bien qu’elle s’était penchée vers lui et qu'elle tendait déjà le bras pour présenter le biscuit devant la bouche du Turk, avant même la fin de sa question. C’est sa main bandée qui tenait le paquet désormais, témoignant du fait qu’elle n’était pas si douloureuse que ça. La souffrance était effectivement en stand by elle aussi, non pas que la matéria ait pu y changer quoi que ce soit. On était juste à des années lumières de la brûlure suffocante quand Sephiroth l’avait saisie. Pourquoi parler du retour du Cauchemar d’ailleurs ? Ces gens-là savaient. Lightning leur en voulait pour ça, surtout à Reeve. Reeve avait fait partie d’Avalanche, il connaissait le Cauchemar. Elle avait parlé avec lui au téléphone avant que tout ne parte en vrille. Le supérieur savait qu’elle et d’autres soldats allaient enquêter sur place, il savait qu'ils se mettaient tous en danger, or il n’avait rien dit.


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MessageSujet: Re: This ain't no place for no hero - Reno   Mer 20 Sep - 17:59


« Sauvetage en pleine mer. »



Un branleur ? Lui un branleur ? C’était la meilleure ! Si elle n’avait été dans un état aussi pitoyable il aurait apprécié de lui faire manger les cadrans qui décoraient l’appareil. Une nuit à la chercher sans pause, une fichue nuit blanche pour sauver ses beaux yeux. Il devait avoir des cernes de panda, avait manqué de décrocher sa mâchoire en baillant une dizaine de fois, et avait senti l’ennui peser sur lui à chaque minute, et elle osait le traiter de branleur ! Il commençait à fatiguer un peu, bien qu’il ait vu pire dans sa vie. Il avait après tout travaillé toute la journée, puis enchainé, et il avait la certitude que c’était loin d’être fini. De nombreuses injures germaient dans sa tête mais il n’en lâcha aucune face au ton terne de la jeune femme. Il n’avait aucune réelle envie de rire, alors qu’en d’autres circonstances il se serait fichu d’elle avec une gaité non feinte. Ils faisaient une belle bande de bras cassés, en somme.

-Le branleur te le fera payer un jour, Lightning, foi de Turk…Marmonna-t-il en désespoir de cause, histoire de ne pas laisser couler cet affront qu’elle lui faisait.


Il ne s’attendait en revanche pas à ce qu’en plus d’avoir une voix éteinte, elle se retrouve à le fixer d’un air hébété qu’il qualifierait de ridicule. Il n’avait rien dit de particulier, n’avait pas de seconde tête qui poussait, alors pour quelle raison elle lui servait cette tête ? De nouveau, la voix déjà faible eut un raté assez marqué pour qu’il le remarque, et il eut un soupir profond. Bon sang, elle était foutue la petite.

-Tu as de l’eau, aussi ?

Il eut la pensée malvenue qu’elle finirait par lui demander une bouillotte, une peluche, et une histoire avant de s’endormir. Déjà, la main de pickpocket affamée empochait les biscuits, et elle l’ouvrait d’une façon qui lui fit arquer un sourcil. Ah. L’ouverture facile pouvait donc aller en enfer. Il roula des yeux sans se priver, les détournant de sa conduite pour aller piocher une bouteille qui trainait là-dessous. De toute manière, en pleine mer, les risques de percuter quelque chose… C’était rare qu’un gratte-ciel pousse d’un coup, ou qu’un bahamut inattendu leur fonce dessus sans prévenir. De ce côté-là il pouvait bien se permettre d’y aller à l’aveugle. Après s’être redressé, il retint à grande peine l’habitude qui le poussait à jeter l’eau droit dans le visage de la miraculée. Elle n’était sans doute pas en état de la rattraper, même s’il lui hurlait « réflexe ! ». Ce fut donc une belle mine penaude qui traversa son visage une fraction de seconde, alors qu’il finissait par simplement poser sa trouvaille sur les cuisses de la capitaine.
Alors qu’il l’écoutait parler, il ne pouvait s’empêcher de noter tous les ressentis qui suintaient dans la voix qui continuait d’adopter ce timbre morne. Ce n’était pas aujourd’hui qu’elle allait se remettre à parler haut et fort, comme la fière tête de mule qu’elle était. Du moins c’était l’impression du pilote, qui eut un souffle moqueur contre sa volonté. Elle était loin d’ici ? Elle venait de lui dire ça comme une confession, alors que c’était la chose la plus frappante dans cette situation. Elle aurait dû, aurait pût se retrouver partout sauf ici, en plein milieu de la flotte, avec un Turk pour venir sauver ses fesses. Cependant, il ne fit pas mine d’exposer davantage cette irritation passagère, toujours en partie liée à son manque de sommeil. Moins il pensait à ce qu’il faisait dans cet hélicoptère depuis des heures, moins il serait agaçant. Force était de constater, qui plus est, que Lightning avait des choses oh combien importantes à rapporter. Etre au courant en avant-première, voilà qui devrait dérider le rouquin… Et qui y parvenait même tout à fait ! Même si ce rapport avait un goût de déjà-vu assez désagréable.

-Des hommes en noir ? Pourquoi à chaque fois qu’une catastrophe se prépare, il faut que les personnes qui y sont liées soient habillées en noir ?

Il se doutait qu’il était loin d’être le seul à se souvenir douloureusement des dernières silhouettes noires qui arpentaient le monde il n’y avait de cela pas si longtemps. Des hommes en noir… Ils étaient tous en noir, en permanence, cette couleur allait finir par ériger un panneau « dangereux » au-dessus des personnes qui daignaient en porter. Il ne fit encore une fois pas de commentaire plus construit que ça. Il râlait, à juste titre, mais qu’elle sache ou non les raisons qui le poussaient à ces paroles lui importait peu. L’allusion de la dure nuit qu’elle avait passée était à ses yeux inutiles, car elle donnait l’impression de s’être battue à mains nues avec un béhémoth, sans pause, dans une tentative étrange de prouver sa puissance. Ou du moins, cette optique paraissait plus séduisante que la réalité. Il allait ouvrir la bouche, lui sortir toute une théorie tirée par les cheveux, mais se contenta de loucher de la plus belle des façons lorsqu’elle placarda un biscuit rescapé sous son nez. Chose étrange, elle ne semblait plus souffrir tant que ça. Son bras cassé ne l’était peut-être pas tant que ça. Il la regarda d’un air sceptique, une question silencieuse, mais n’osa aborder le sujet. A la place, il lui répondit d’un ton bougon :

-J’ai passé la nuit seul et assis sans bouger dans ce fichu appareil, à m’ennuyer. Donc j’ai passé mon temps à grignoter comme un fichu mulot dans son trou. Avoue que ton seul objectif est de m’engraisser, là… Tu sais combien je vais devoir bouger pour perdre tout ça ? Se plaignit-il sans vergogne, et paradoxalement il ne se priva pas de croquer dans l’offrande.

Aucune volonté. Ou plutôt, il n’avait aucune raison de s’inquiéter au vu de sa tendance à ne jamais être vraiment inactif. Il ne disait cela que pour la forme, après tout, pas de quoi se priver de quelque chose d’aussi tentant. S’il la scrutait d’un air faussement accusateur, ce n’était qu’une manière de dédramatiser cette situation maudite où ils se retrouvaient tout deux tendus à n’en plus pouvoir. Elle ne méritait pas d’être assommée d’une discussion sérieuse. Pas tout à fait, du moins. Une chance que son chef n’ait pas décidé de venir la repêcher lui-même.

-Alors… Qu’est-ce que tu as bien pu faire pour finir ici, à part un diplôme de natation… Tu étais dans le Nord. C’est interdit à la circulation depuis que les évènements dérapent. Donc… Tu as voulu aller fouiner un peu. Jusque-là rien de fou… Commença-t-il d’un ton lent, les pauses marquant le cheminement de ses pensées.

Il la gratifia d’un léger sourire, toutefois, tapotant les cadrans, pensif. Le vent commençait sérieusement à l’embêter. Il était déjà suffisamment lassé sans qu’en plus il doive ajuster sans cesse leur position. Y’avait des jours comme ça ou rien n’allait. Même s’il aurait pu, en soit, être en bien plus mauvaise compagnie. Il eut un temps de silence, car la rescapée demandait de l’imagination, après tout. Le fond de ses paroles était sérieux, mais il brodait allégrement les faits.

-T’as croisé des aliens surgis des bas-fonds du monde, et ils t’ont téléportée au milieu de nulle part pour que tu ne découvres jamais leur nid. Ou bien tu as décidé de te frotter à une créature étrange et vaguement marine. Je chauffe ?

Bon. Pas sérieux du tout, en réalité. Il balançait ce qui lui passait par la tête, n’aillant pas l’humeur à réfléchir des heures à une explication censée. En un sens il n’était pas si loin de la vérité. Sauf que l’alien était beaucoup moins sympathique qu’on ne le croirait.



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MessageSujet: Re: This ain't no place for no hero - Reno   Mer 27 Sep - 23:43


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« Le branleur te le fera payer un jour Lightning, foi de turk ». Lightning ne savait pas vraiment s’il plaisantait ou non, mais en tout cas, elle lui rappela sans animosité : « C’est à Reeve qu’il faut envoyer la facture ». Elle par contre, elle plaisantait moyennement. Déjà qu’elle était payée une misère, chose dont elle ne se plaignait évidemment pas, Light n’allait certainement pas prendre à sa charge les prestataires même s’ils se déplaçaient pour elle ! D’autant plus qu’elle connaissait à peu près le montant que réclamait un turk à l’heure : une somme exorbitante. Alors cette tronche, là, cette tronche qu’il tirait, elle n’avait pas lieu d’être - et après monsieur s’étonnait d’être traité de branqu’. N’étant pas prévenue, Lightning ne broncha même pas lorsque Reno lui envoya la bouteille. Le fait de se la recevoir sur la tempe fut la seule indication selon laquelle il avait répondu à sa demande. Après un rebond, elle rattrapa l’objet de sa main avant qu’il ne tombe à côté du siège. Reno l’avait fait exprès. Le réalisant, le capitaine lui jeta un regard noir en coin. Heureusement qu’il avait l’air désolé, ça aurait été dommage pour lui, et surtout pour Light, si elle avait dû déverser sur lui la colère sourde qu’elle ressentait à cause de sa situation injuste. Pendant une fraction de seconde, lui avait traversé l’idée d’utiliser les maigres forces qu’elle avait récupéré grâce à lui afin de dégommer les commandes et les faire se crasher en le mettant au défi de survivre avant elle. Cela n’aurait pas été seulement puérile, mais aussi capricieux et psychotique, typique des gens qui ont l’impression de ne plus rien avoir à perdre. La soldate ne devait surtout pas raisonner comme ça et se ressaisir. Reno n’était en rien responsable de son malheur. Au contraire, il l’avait tiré d’affaire et elle devait lui en être reconnaissante. Se prendre un bout de plastique dans la tronche, même si c’était déloyal, n’était pas une raison suffisante pour lui faire quelconque reproche. Aussi, rien n’était perdu, c’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle se rendait à Midgar. Lightning se contenta donc de boire en tournant ses envies de meurtre vers d’autres personnes. Comme elle était frustrée d’en avoir tant, et d’être condamnée à avoir les fesses vissées sur un siège dont elle n’était même pas sûre de pouvoir décoller après l'atterrissage ! La tension redescendit au premier croc dans un biscuit. Quand elle en colla un devant la bouche Reno, celui-ci lui lâcha une complainte de 3 km de long. Il n’avait pas compris que lui présenter le met était sa façon de lui éviter de lâcher les commandes pour se servir. Bref, qu’elle essayait d’être sympa, elle aussi même si la sympathie de Light ressemblait souvent à un Hulk voulant patpat la tête d’un humain. Au final, Reno prit une bouchée. Tout ça pour ça.

« Arrête de parler comme un Pulap' », rétorqua t-elle platement en ramenant le reste du biscuit à sa propre bouche pour le terminer. Elle but ensuite quelques gorgées d’eau et se rappela que Reno n’était pas forcément familier à l’ancien jargon du soldat. Un pulap, donc. « "Pue-la-pisse" », traduit-elle en tournant la tête vers lui « C’est comme ça qu'on surnommait les fantassins ». Une insulte leur donnant le stéréotype (complètement erroné) de chiffe molle qui passait leur temps à se plaindre. Tellement arrogant que Lightning n’avait jamais utilisé cette appellation autrefois. C’était la première fois que ça sortait de sa bouche en fait, après que Reno lui ait fait un cinéma plutôt pue-la-merde. Qu’il arrête de se plaindre. Grossir, lui ? Comme il n’était pas assis très droit, la courbe de son ventre allait en rentrant, pas en sortant ! Light zieuta cette absence flagrante de stockage de graisse. Malgré la sale gueule qu'elle tirait, accentuée par son teint blafard et ses cernes effroyables, ces futilités la soulageaient. « T'as de la marge ». Son ton rogue donnait l’impression qu’elle venait de le critiquer, alors que madame la chieuse venait justement de faire l'inverse. Comme quoi, elle n'était pas toujours si prévisible que ça. La conversation partit d'autant plus en vrille avec l’histoire inventée de Reno. Procédant par étape et remise en situation, le turk lui balança une épopée d’alien qui ne fut pas mal du tout, bien que Lightning le soupçonnait d’avoir chipé des idées à une série Netflix ou truc du genre. Ou alors il était bien plus malin que ça. Peut-être qu'il avait saisi la réalité et l'avait cryptée. Lightning ne connaissait pas Reno, mais s'il y avait un truc qu'il fallait savoir des turks, c'est qu'il ne fallait ni les sous-estimer, ni les prendre pour des cons. « Tu brûles », répondit-elle nonchalamment, le regard tournée vers sa fenêtre. Elle resta un moment silencieuse, non pas qu’elle méditait sur son récit ou s’apprêtait à faire de commentaires mais, n’étant pas bavarde de base, sa santé n’améliorait pas cette caractéristique de sa personne. Toutefois, le silence était une occasion de se morfondre qu’elle préférait rater, si bien qu’au bout d’un moment, elle demanda, pas plus dynamiquement qu'avant : « … T'as croisé ton patron ? Je me demande ce qu'il pense de tout ça… » Rufus étant rentré seulement la veille du Nord, les deux n’avaient peut-être pas eu le temps d’échanger sur l'incendie et les meurtres. Lightning vida la bouteille, ça lui fit du bien, l’air de rien. « Si je n’étais pas soldat, c’est pas à Reanlaide que je confierais ma vie. Pourquoi c'était elle et pas toi, avec Rufus ? Tu semblais dispo… » Bah oui, il avait dit qu'il l'avait cherchée toute la nuit, si ça c'était pas de la disponibilité ! Lightning n’avait aucune idée quant au fait que la mercenaire avait en fait été mise à l’épreuve par Rufus durant cette mission. Au final, ça importait peu, le but était de distraire l'esprit et fuir les tourments.


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MessageSujet: Re: This ain't no place for no hero - Reno   Jeu 5 Oct - 20:43


« Sauvetage en pleine mer. »



L’évocation d’une quelconque facture lui tira un regard qui, sans être exagéré, montrait tout de même un certain intérêt. Loin de lui l’idée de devenir un homme vénal, mais il fallait admettre que le chèque apportait toujours une toute nouvelle dimension aux missions même les plus ennuyeuses. Quoi qu’il n’irait pas chercher des noises à Reeve dans les jours à venir, ne serait-ce que parce que son patron attitré n’apprécierait pas l’idée tant que ça. Il ponctua ces paroles qui ne suintaient pas l’amusement par des épaules haussées qui signifiaient combien tout cela importait moins qu’un lit moelleux dans son esprit à l’heure actuelle. De toute manière, tout pouvait être relégué au second plan. Pour lui comme pour la jeune femme. Une sieste ne serait vraiment pas de refus.

-De toute manière, que j’aille quémander à Reeve ou non, je serais toujours mieux payé que toi…Susurra-t-il avec une suffisance qui ne pouvait tromper personne.


C’était un fait, quoi, le travail le plus sale était toujours généreusement rémunéré, les choses n’avaient pas changé tant que cela avec le temps. Les jours de paye n’étaient pas vécus par tous de la même façon. Une chance que la capitaine se rende compte qu’elle avait le bonheur de ne pas avoir à mettre son portefeuille dans l’équation, ou la fin de moi aurait été quelque peu douloureuse. Une chose n’en empêchant pas une autre, être grassement récompensé ne l’avait jamais bloqué dans ses plaintes, et cela n’adviendrait sans doute jamais.

Quant à la nouvelle insulte qu’elle lui jeta à la figure sans autre forme de procès, il ne trouva rien à répliquer. Elle l’avait pris plus ou moins au dépourvu, tant par les petits mots doux du soldat auxquels il n’avait jamais pris la peine de s’intéresser que par son attitude qui se voulait décidément offensante. Il ne fut en revanche pas surpris par l’explication qu’elle lui délivra avec une générosité sans égale. Juste au ton employé, à la manière qu’elle avait eu de le regarder, il avait compris que c’était à des lieux d’être des éloges à son égard. Ne pourrait-elle donc pas être plus reconnaissante que ça ? Si elle traitait ainsi son sauveur, il ne désirait même pas s’imaginer ce qu’il pouvait bien advenir de ses ennemis ! Il lâcha un petit son d’agacement, d’un claquement de langue contre son palais. Elle venait d’étendre son répertoire déjà bien chargé de jurons et grossièretés en tout genre, et il était plus qu’évident qu’il allait ressortir le bon vieux jargon un jour lorsque l’envie lui prendrait.

-Super. Merveilleux. Très imagé, j’adore. Pourquoi je t’ai repêchée, déjà, si c’est pour qu’un mot sur deux soit une insulte à mon égard ?

Le ton moins morne que celui de l’ex soldate, la menace qui planait dans sa voix n’avait rien de crédible, et n’avait d’ailleurs aucune raison de l’être. La tentation de la rejeter à l’eau l’avait effleuré une seconde seulement, douce utopie, mais la compagnie de Lighting était plus agréable qu’on ne pourrait le penser. Même à moitié morte. Même avec l’amabilité d’un ours tiré de l’hibernation. Ou alors, c’était juste le Turk qui avait des goûts particuliers. Il ne fit qu’arquer un sourcil à l’évocation de la supposée marge qu’il avait. Bien sûr qu’il en avait. Un Turk enrobé serait plutôt comique, et pour le moins… Encombrant. Et le noir mincissait, de toute façon.

- T'as de la marge.
-Essaie encore, et tu donneras presque l’impression d’être amicale.

Un ricanement léger s’échappa de ses lèvres, alors qu’il se permettait de regarder le visage renfrogné de sa miraculée. Toutes les femmes qu’il côtoyait ignoraient le concept de joie, chose qui ne cesserait de le surprendre. C’était fou, tout de même, que tout le monde se sente forcé d’être aussi sérieux. Quoi qu’il puisse admettre que la capitaine avait toutes les raisons du monde de l’être. Il brûlait, donc… S’il brûlait, comme elle le disait, il craignait d’entendre ce qu’elle pourrait bien lui révéler. Il aurait préféré se dire qu’elle s’était perdue en pleine randonnée comme une pauvre débutante. Ridicule. Inconcevable. Mais tellement plus rassurant. Il méditait ces deux petits mots, silencieux, tapotant le fauteuil d’un geste machinal. Le silence n’était pas déplaisant. Il n’avait rien de plus à ajouter, puisqu’il tournait et retournait cette histoire pour tenter d’arriver à une hypothèse plus concluante sans pour autant avoir à harceler la rose. Puisqu’il parlait de femmes renfrognées quelques minutes plus tôt… Le plus bel exemple qui soit venait de se faufiler dans la conversation. Reanbell. Il ne savait même plus s’il était heureux ou non de la connaître –mauvaise foi quand tu nous tiens, il l’aimait bien quand même.

-J’l’ai pas croisé plus de deux minutes, juste le temps de voir qu’il était bien vivant. Et me prendre une taloche, accessoirement.

Il n’avait guère eu le temps d’avoir un compte rendu détaillé, en effet. Sinon il aurait sorti des théories plus logiques que celles hasardeuses qu’il avait énumérées. Il marqua une petite pause, dans ses pensées. Il piqua un biscuit qui restait, preuve qu’il pouvait lâcher les commandes sans problèmes immédiats pour leur intégrité -et explication sur la raison pour laquelle Rufus avait des frais achats-hélicos si élevés. Ce fut après un grignotage appliqué de quelques secondes qu’il finit par répondre, avec un sourire en coin.

-J’ai tout personnellement pistonné ta « Reanlaide » pour que Rufus l’emploie plus souvent. Je serais allé avec eux s’il n’avait pas eu envie de voir si le chaton valait le coup d’être payé. M’est d’avis qu’il risque d’être surpris…

Ceci… Etait une des raisons pour lesquelles la blonde pouvait encore le supporter. L’introduire à Monsieur Shinra était la meilleure initiative qui ne lui soit jamais passée par la tête. Il se frotta les yeux d’un geste rendu un peu maladroit par la fatigue qui commençait à vraiment se pointer. Il retint à grand peine de bailler à s’en décrocher la mâchoire. Tout en vérifiant qu’ils se dirigeaient toujours dans la bonne direction, car le vent semblait décidé à lui rendre la tâche désagréable, il finit par lâcher en se rendant compte que la plus jeune devait être au bout du rouleau :

-Tu devrais peut-être dormir un peu, non ? T’as l’air d’un corps déterré par des chiens, sans t’offenser, et on en a encore pour un bon moment. Je te réveillerai avant d’atterrir…


Il ne désirait pas plus que ça de rester encore seul dans le silence pendant les heures de vol, mais c’était un élan de gentillesse qui venait de mettre à jour le fait qu’il n’était pas uniquement un connard. Elle lui avait donné matière à réfléchir un moment, avec toutes ces histoires, même si au fond il ne lui en voudrait pas le moins du monde si elle continuait à l’assommer de reproches avec sa voix lasse.



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MessageSujet: Re: This ain't no place for no hero - Reno   Sam 7 Oct - 18:14


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« De toute manière, que j’aille quémander à Reeve ou non, je serais toujours mieux payé que toi…» Cette réplique laissa Lightning pensive et sceptique. Le salaire, toujours le salaire, la soldate était déjà accoutumée à ce discours avec Reanmoche. Mais c’était quoi cette obsession, au juste ? Peut-être un hobby, peut-être la nécessité de reconnaissance ou l’impression de se sentir important. Si ça se trouve, certains pensaient que la valeur d’une personne se mesurait à son capital, ce qui était d’une absurdité sans pareille. Dans un moment où la vie de Lightning était à nouveau sur le fil du rasoir, ce genre d’enjeu dérisoire la laissait d’autant plus confuse. « J'serais pas en meilleure état si j'étais riche. C’est quoi le plus important selon toi, le fric ou la santé ? ... le fric ou le temps ? », releva t-elle, désabusée. Elle n'avait ni l'un, ni l'autre, désormais. Comme on se rendait compte de l'importance du temps, quand celui-ci était compté... Certains disaient que l’argent, c’était le pouvoir, une façon de penser très conne en soi. Le pouvoir, c’était juste le pouvoir. On n’empêchait pas la Masamune de Sephiroth de nous transpercer de part en part avec des billets de cent, n’est-ce pas, monsieur le père de Rufus ? Et est-ce qu'il avait emporté son flouz dans la Rivière ? Sérieux... La fatigue et la peur lui déliaient un peu la langue, mais il y avait tant de choses qu’elle avait besoin de dire et qu’elle taisait. Dans le fond, elle ne demandait qu’à craquer, pleurer et tout raconter comme une enfant, pas seulement sa misère avec Sephiroth, toutes les autres aussi. Mais serait-ce le comportement d’un capitaine, ça ? Light avait besoin de rester digne, car bientôt, tout allait s’envoler et cette dignité serait la seule chose qui lui resterait. De toute façon, qui l’écouterait ? Reno ? Cela devait lui faire une belle jambe, tout ça. Alors elle se contenta de rester égale à elle-même. « Essaie encore, et tu donneras presque l’impression d’être amicale », lui répondit-il d’ailleurs après son compliment un peu acerbe. Le regard de la soldate s’adoucit légèrement en raison de l’amusement. Avec meilleure forme, elle aurait sans doute ricané avec lui. Reno avait raison, elle était assez odieuse de manière générale (là ça devait être encore pire). Même si c’était sa façon naturelle de se comporter, elle s’en rendait bien compte. Lightning ne pouvait pas changer aussi facilement ceci dit. Cette manière d’être s’était ancrée en elle depuis son entrée SOLDAT, où elle avait récolté un nombre incalculables de bizutages variés parce qu’elle avait le malheur d’être une fille. On avait voulu qu’elle flanche, qu’elle croit qu’elle n’avait pas sa place dans un monde d’hommes, et elle avait répondu avec les poings, avec la hargne, avec la force. Ceux qui prétendaient que la violence ne résolvait rien se leurraient. Parce que la violence, ça lui avait résolu pas mal de soucis et lui avait forgé une vraie place. L’armée était toutefois un monde à part, il fallait le reconnaître. Même les plus grands amis du monde se battaient entre eux là-bas, et s’offraient des raclées monumentales. L’honneur, la dévotion, l’esprit stratège, c’est ce qui faisaient de la plupart d'entre eux des personnes estimables et non de simples brutes.

Quand il lâcha les commandes, Light lui tendit le paquet pour lui faciliter la tâche de se servir, sans râler cette fois. Pourquoi qu'il s'est pris une taloche ? ... c'est quoi une taloche ? La feignasse garda ses interrogations futiles pour elle. « J’ai tout personnellement pistonné ta « Reanlaide » pour que Rufus l’emploie plus souvent. » Je me disais… songea t-elle en déposant le paquet de gâteaux sur le côté. Sacrée opportuniste celle-là ! « Je serais allé avec eux s’il n’avait pas eu envie de voir si le chaton valait le coup d’être payé. M’est d’avis qu’il risque d’être surpris… » Chaton ? Face de crapaud plutôt. Dans le cas des deux teignes, le dicton de qui aime bien châtie bien était très à propos. « C’est qu’il ne lui en faudrait pas beaucoup », rétorqua t-elle acidement en croisant les bras sur sa poitrine. Sa main était précautionneusement posée sur le tissu blanc couvrant son bras malade. Le ton de sa voix devait être plus morne que jamais, car Reno l’invita à dormir quelques secondes après. Il est vrai qu’à force d’essayer de garder les yeux ouverts, elle allait frôler la rupture d’anévrisme. Light appréciait qu’il lui dise sans détour qu’elle avait une sale gueule, cela lui évoquait une bonne époque. Ils se parlaient comme ça, avec ses quelques bons camarades d’antan. Mais elle ne savait pas comment interpréter la proposition : sincère inquiétude pour elle ou lassitude quant à sa langue fourchue ? Elle l’observa un léger moment, comme pour le jauger. « Dans l’éventualité où tu ne recevrais jamais de paie pour cette mission, si c’était à refaire, tu me laisserais couler ? ». Compte tenu de la chiantise qu'il avait relevé, y avait des chances. Personne de normal n’était parfaitement égoïste, personne n’était parfaitement altruiste, mais on tendait tous d’un côté ou de l’autre. Elle se demandait où son héros du jour se situait, elle ne le cernait pas, ni lui, ni aucun turk. Peu importait sa réponse au final, grâce à Reno, il lui restait un peu de temps, et peut-être un peu d’espoir. Ses lèvres ne purent bouger d’un iota, mais elle réussit à lui sourire avec le regard, plissant légèrement les yeux de reconnaissance et de sympathie. La connasse docile considéra ensuite sa proposition de dormir. C’était le moment ou jamais, qui sait, elle aurait peut-être peur du noir pendant un certain temps à l’avenir. Tournant la tête vers la fenêtre de son côté à nouveau, le capitaine ferma les yeux et son épuisement fut tel qu’elle s’endormit dans la seconde. Elle ne franchit jamais la porte des rêves. Au bout de quelques minutes à peine à somnoler, le Cauchemar chargeant sur elle la percuta et elle ouvrit de grands yeux sur le ciel nuageux. Elle ne savait pas si c’était cette brève illusion ou la douleur de son bras qui l’avait réveillée, mais cette dernière était si intense qu’elle dut serrer les dents un long moment, sa main malade repliée contre elle, crispée au possible.


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MessageSujet: Re: This ain't no place for no hero - Reno   Mar 17 Oct - 11:30


« Sauvetage en pleine mer. »



La soldate venait de soulever un point qu’il trouvait à la fois fatalement réel, et tiré par les cheveux. Quoi qu’elle puisse en penser, l’argent était ce qui faisait tourner les rouages de leur monde. Alors certes, ce n’était pas en avalant des gils qu’elle aurait évité d’afficher le visage d’un véritable zombi, mais il était cependant sceptique quant au fait que sa santé ne dépendait nullement de ce salaire qu’elle stigmatisait. Le fric, le fric, s’il ne faisait pas la santé, permettait au moins de payer pour la conserver ! Même s’il devait admettre que dans la présente situation, cela devait être le cadet des soucis de tous. D’une oreille plus attentive, il releva son évocation du temps, qui, jeté dans l’équation après une pause significative, sonnait de façon désagréable. A première vue elle était tirée d’affaire. Tant au niveau du sauvetage en lui-même qu’en raison de ses blessures qui ne survivraient pas bien longtemps à un traitement plus conséquent. Il ne fit que pincer les lèvres, le regard porté à l’horizon pour ne pas voir ce visage ravagé qui se parait pourtant d’une fierté sans pareille quelques jours plus tôt. Sa remarque fit mouche, à en juger les traits de la jeune femme qui venaient de se décrisper un peu. Tout restait relatif, en effet, mais le changement était notable. C’était tant mieux. S’il pouvait parvenir à la détourner de son malheur, de cette fichue malédiction qu’il ignorait encore et qui planait pourtant dans l’appareil dès lors qu’elle y était entrée, alors il était preneur. Il n’était pas un mauvais bougre.

Elle venait de croiser les bras, et lui avait daigné reposer les yeux sur elle puisque le pic de déprime de la capitaine était passé. Il la gratifia d’un sourcil arqué de la plus belle des manières face à cet amour débordant qui suintait des mots qu’elle employait pour parler de cette chère petite teigne. Son ton manqua de lui tirer un ricanement, qui s’il ne vit jamais le jour, fit se relever le coin de ses lèvres. De nouveau, en bonne fouine à l’œil entrainé, il nota qu’elle n’avait a priori aucune difficulté à bouger ce bras qu’il aurait juré brisé au premier abord. Ce n’était pas non plus l’aisance la plus complète, mais il aurait été stupide de persévérer sur son hypothèse de départ. Foulé… ? Courbaturé ? Il sentait plus qu’il ne comprenait que quelque chose lui échappait. Quelque chose de gros. Et ce tissu blanc… Il avait un écho dans sa mémoire -ils aimaient tous les tissus blancs, ces malades. Sa question le prenait quelque peu au dépourvu, en vue de sa petite inspection qui l’avait coupé de la conversation.

-Tu veux la vérité, ou la phrase politiquement correcte ? Railla-t-il, malgré le fait qu’il réfléchissait vraiment à la question : Ah ! L'Humanité ! Si noble ! Si prête à sacrifier l'autre !

Cette phrase… Nul doute qu’il la tirait d’une quelconque série, bouquin, n’importe quoi. Mais il avait au moins le mérite de l’avoir retenue. Il haussa les épaules, un mince soupir filtrant entre ses lèvres, et il prit le temps de s’étirer sans souci d’élégance. Au point où il en était, il voulait juste pouvoir détendre son corps qui lui hurlait que son immobilité commençait à lui peser. L’aurait-il laissé là, à la merci de litres de flotte ? C’était effrayant de se rendre compte qu’il lui fallait tant de temps pour juger de ce qu’il aurait fait. Elle était là, la différence entre les Turks et les Soldats. Une vie n’était rien sur la balance, depuis si longtemps qu’il en venait à déplorer la perte d’une certaine humanité. Déplorer ? Non. Même plus. Les Turks étaient inquiétants parce qu’ils étaient parfaitement conscients et sains d’esprit. Les chats noirs en marge d’une société, qui portaient la poisse sitôt croisés.

-Allez savoir… Tu me fous une colle, t’sais ?

Nouveau soupir des plus expressifs, avant qu’il n’admette à demi-mot, d’un ton des plus neutres, à croire que tous les enjeux de ces paroles n’étaient qu’une poussière dans l’univers.

-Je ne t’aurais pas laissée couler. Parce que c’était de toi qu’il s’agissait, et que je te connais. Quand tu mets un visage sur ta mission, t’es forcément plus impliqué. Mais je t’avouerai que jusqu’à savoir qui j’étais censé aller repêcher comme un thon à la dérive, payé ou non… Hm. En fait, mieux vaut pas que tu saches. Acheva-t-il avec une once de malice.

Si elle se mettait à lui sourire en revanche, il commencerait à pencher d’un côté de la balance, et il avait horreur de ça. Apprécier des gens le rendait… Comment disait Tifa, déjà ? Ah oui. Laxiste. D’après elle. La vérité était peut-être toute autre. Lightning avait en tout cas un visage bien moins semblable à celui d’un pitbull lorsqu’elle laissait ses yeux briller de la sorte. A cet instant, il se dit qu’en effet, il ne l’aurait pas laissée couler. Mais son avis pouvait varier aussi aisément qu’une girouette, c’était là tout le problème.

La rose suivit finalement son conseil déguisé et se laissa aller au sommeil, le laissant seul dans le silence de l’appareil, seulement ponctué de cette respiration légère qu’il percevait encore. Il ne put empêcher un regard en biais sur ce bras enveloppé de blanc, et seul un certain respect de la personne en elle-même retint son geste de s’assurer de quoi il en retournait en retirant ce voile qui gênait sa vue. Elle était tellement fatiguée qu’il se dit qu’elle dormirait un bon moment -elle, au moins ! Quand est-ce qu’il retrouverait son lit, lui au juste ? -, mais force était de constater qu’il s’était trompé. Dix minutes, ou un petit quart d’heure à peine plus tard, il avisa une crispation de ses mains, et la scène lui arracha une moue qui dénotait une certaine compassion. Il avait peut-être la couleur d’une citrouille, il n’était pas un légume sans cerveau, et il aurait fallu être aveugle pour ne pas voir la souffrance qui durcissait cette expression qui venait à peine de se détendre. Toujours ce fameux bras, qui semblait au centre du problème. Il n’attendit pas qu’elle émerge de ce brasier qui la dévorait, car c’était dans ces situations de faiblesse qu’on tirait le plus de choses des gens. Cruel, mais véridique.

-Midgar, uh ? Midgar, à l’endroit où à priori les soins tarderaient à venir. Pourquoi tu ne me dirais pas la vérité, pour changer ? Qu’est-ce que tu as vu au nord ? Ton bras n’est pas cassé. C’est autre chose. Lié à tout ça, forcément.

Il se mordit la lèvre, contemplatif, témoin de cette souffrance qu’il ne pouvait pas apaiser. Il n’avait pas non plus les mots adéquats. « Tout ira bien ». « C’est juste une mauvaise passe ». C’était quelque chose qui, encore une fois, le dépassait. Lui, il voulait des réponses, comme toujours. Mais malgré tout, il lâcha les commandes d’une main pour la poser sur l’épaule crispée de la jeune femme, geste de soutien certes futile, mais bien présent. Elle pouvait aussi bien le rejeter, sa conscience se porterait bien mieux en sachant qu’il ne l’avait pas laissée totalement dans la détresse, seule, alors qu’il était le seul soutien éventuel à être présent.

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MessageSujet: Re: This ain't no place for no hero - Reno   Sam 28 Oct - 13:01


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no
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« Ah ! L'Humanité ! Si noble ! Si prête à sacrifier l'autre ! » « Parle pour toi » rétorqua t-elle aussitôt. Rien de ce qu’il pouvait dire ne la ferait changer d’avis alors il n’argumenta pas. Peut-être qu’il était lui-même d’accord. Quel genre de personne trouverait le fric plus important que le temps de vie de toute façon ? Le turk s’étira comme un chat quelques secondes plus tard. Cela devait faire un sacré moment qu’il était assis en effet, mais il y avait des chances qu’il n’ose pas trop se plaindre en ayant vu la tête de vampire de Lightning. « Tu me poses une colle tu sais » Indolente, l’expression de Light ne sut manifester la surprise, mais elle n’en pensait pas moins, car cette réponse lui semblait curieuse. Reno réfléchissait donc sérieusement à la question, et le capitaine ne savait pas s’il aurait fallu en être flattée, ou outrée. En soi, elle trouvait que cela n’avait pas d’importance. Dans une situation comme la sienne, doublé de la certitude que même cette planète avait son propre compte-à-rebours vu l’apocalypse à venir, cela aidait pas mal à relativiser sur ce genre de sujet. Son silence sembla encourager le turk dans sa réflexion : « Je ne t’aurais pas laissée couler. Parce que c’était de toi qu’il s’agissait, et que je te connais. Quand tu mets un visage sur ta mission, t’es forcément plus impliqué. Mais je t’avouerai que jusqu’à savoir qui j’étais censé aller repêcher comme un thon à la dérive, payé ou non… Hm. En fait, mieux vaut pas que tu saches. » En outre, Reno ne sauverait pas un inconnu, du moins si Rufus ne lui donnait pas l’ordre direct. Ce ne serait pas naturel pour lui de le faire. C'était comme une forme... d'altruisme intéressé. « Je suppose que c’est la réponse qu’il fallait attendre d’un turk ». Ce ne fut ni un reproche, ni un compliment, mais un simple constat. Reno avait ses bons côtés et, comble de tout, il était son sauveur. Lightning n’était pas en position de porter de jugement négatif sur lui. Une fois encore, le fait d’avoir croisé la pire ordure de ce monde la faisait relativiser sur la nature des autres. Tandis qu’elle fut invitée à dormir, son cerveau se réenclencha aussi vivement qu’il s’était éteint. Elle n’avait eu que quelques minutes de répit avant que l’image du Cauchemar ne la ramène sur l’instant avec une violence lui évoquant le moment où elle avait traversé la glace. Si bien qu’un léger frisson parcourut son corps. Elle avait froid. Elle avait mal. Ce bref silence où elle eut l’impression d’être livrée à elle-même fut rompu par Reno.

« Midgar, uh ? » le capitaine tourna un peu abruptement la tête vers lui. Elle avait mis un peu de temps pour replacer où elle était, et avec qui elle était. « Midgar, à l’endroit où à priori les soins tarderaient à venir. Pourquoi tu ne me dirais pas la vérité, pour changer ? Qu’est-ce que tu as vu au nord ? Ton bras n’est pas cassé. C’est autre chose. Lié à tout ça, forcément. » La mine déconfite, le bras recroquevillée contre elle-même, elle le regarda de plus en plus avec un brin de mélancolie et de méfiance. Un peu comme si Light contemplait une personne qu’elle croyait de son côté se retourner contre elle, une petite dramatisation de la situation qui n’était rien de plus que l’écho lointain de ce qu’elle avait ressenti en voyant Sephiroth. Reno venait de sous-entendre qu’elle était une menteuse. La guerrière se fichait pas mal de ce qu’on pouvait penser d’elle en temps normal, quand elle était en bonne santé : elle se sentait en position de force dans ces moments, alors pourquoi rechercher l’approbation de qui que ce soit ? Cette fois, elle était en position de faiblesse, et elle avait l’impression d’être attaquée. Il fut hors de question, toutefois, de manifester la moindre contrariété. Ses traits étaient désormais crispé d’irritation, plus que de douleur. « "Pour changer" ? Je ne t’ai jamais menti, et je n’ai pas le souvenir d’avoir fait le moindre commentaire sur mon bras ! », répliqua t-elle avec un brin de véhémence qui pesait sur son estomac : elle n’avait pas la force d’être en colère ! Certes, la façon dont elle avait couvert son membre et le tenait contre elle suggérait qu’elle l’avait cassé mais ... « Arrête de te faire des films ». Les deux camarades avaient effectivement dépassé Junon et survolait désormais une forêt qui se rapprochait de la région de Midgar mais rien n’indiquait que, sur un coup de tête, le turk ne changerait pas d’avis et ferait demi-tour parce qu’elle faisait chier. Néanmoins, quelque chose lui disait que cela arrangerait Reno de se rendre du côté de Edge-Healen. Il devait habiter dans ces zones, vu que son patron y était aussi. « N’en as-tu vraiment aucune idée, de toute façon ? Ou est-ce que toi aussi, tu fais semblant de ne pas voir ? », accusa t-elle en le fusillant du regard. Elle ferma un bref instant les paupières pour se recentrer et rouvrit un regard blasé vers le paysage au dehors. Il fallait qu’elle arrête de s’adresser à lui comme s’il était responsable de quelque chose. Un jour, Light serait en face de Reeve ou de Tifa, un jour quand elle aura traversé cette mauvaise passe. Et elle tapera du poing sur la table ou du poing sur la gueule. Là, ce n’était tout simplement pas le moment. La jeune femme poussa un long soupir. Elle n’avait pas assez de ressources pour rester sur la défensive. « Cette destination n’est pas un caprice Reno. Je te suis redevable, je ne me serais pas permise », murmura t-elle plus calmement, tel une demande de pardon. Au fond, c’est tout ce qu’elle voulait qu’il sache. Lightning avait peur de révéler le reste, tout comme elle avait peur de craquer en parlant. Elle ne pouvait pas. Elle ne parla plus du tout d’ailleurs, jusqu’à l’atterrissage. Et quand les pales de l'engin cessèrent de tourner, et qu’elle retira son casque, Lightning se rendit compte qu’elle ne sentait plus son corps. Du moins qu'il ne réagissait plus vraiment. Le sang... elle en avait trop perdu, ses plaies ne s’étaient pas toutes refermées, la geostigma avait ralenti les processus de cicatrisation, ce qui avait rendu le sort de soin assez éphémère. Ne sachant pas trop comment ses jambes et ses bras réagirent à l’ordre, elle appuya les mains sur le tableau de bord et se redressa sans rien dire, laissant voir la jolie marée de sang qu’elle avait laissé sur le siège. Lightning marcha ensuite vers la sortie, et ouvrit la porte coulissante avec ses deux mains. L’hélicoptère n’était pas tant surélevé, si bien que quand elle se laissa tomber, le capitaine fut loin de s’imaginer finir accroupie de la sorte, un genou écrasé contre le sol comme si elle pesait une tonne. Elle prit peur. Cet état de légume lui rappela le stade final de la maladie qu’elle avait eu, si bien qu’elle eut l’illusion d’y être confrontée, et qu’elle n’allait pas survivre à la journée. La respiration lente et difficile, la soldate releva les yeux pour voir la distance qu’elle avait à parcourir, tandis qu’elle n’avait même pas réussi à se redresser. « J’peux pas… » réalisa t-elle faiblement, au sol. Reno allait sans doute repartir, et elle n’avait même pas la force de l’appeler en mettant sa fierté de côté.


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MessageSujet: Re: This ain't no place for no hero - Reno   Ven 3 Nov - 19:12


« Sauvetage en pleine mer. »



Il en aurait eu un sursaut, lorsqu’elle tourna la tête vers lui avec cette vivacité de bête acculée. Loin de lui l’idée de la comparer à un animal, mais il fallait toutefois admettre qu’elle avait tout d’une petit vipère rose prête à mordre. S’il ne regretta pas ses paroles, il n’en fut pas très loin en contemplant combien le visage de la rescapée se teinta de méfiance à son égard. Il venait de faire un bond en arrière en la prenant ainsi à revers, mais cela en vaudrait peut-être la peine. De toute manière, ce n’était pas comme si s’attirer les foudres d’une quelconque personne lui importait vraiment. Mais il fallait voir, combien ce minois respirait la trahison, combien ces traits crispés criaient à eux seuls qu’elle lui en voulait ! C’était un phénomène qu’il ne pouvait que contempler avec un visage d’une septicité sans pareille. Il la comprenait, mais ne parvenait pour autant pas à s’en sentir désolé. La pousser ainsi était volontaire, après tout, en quoi devrait-il s’excuser malgré les paroles sèches qu’elle lui envoyait à la figure ? A cela, il ne répondit rien, mais n’en pensa pas moins. Mentir, omettre, tout revenait au même : elle ne lui avait pas dit ce qu’il voulait entendre, et cela suffisait à le contrarier presque autant qu’elle pouvait l’être.

Il se contenta d’arquer un sourcil, cynique, n’ayant même plus la foi de lui adresser un quelconque reproche. Elle s’était emportée, et son flot de paroles venait de lui laisser présager la couleur des évènements à venir. Si lui aussi faisait mine de ne rien voir, alors ils pensaient tous à la même catastrophe à venir. Comme une épée de Damoclès au-dessus de leur tête, qu’ils s’efforçaient tous d’ignorer. A la façon d’enfants qui se cacheraient les yeux, car s’ils ne voyaient pas ce danger, alors il ne s’abattrait pas sur eux. La tension qui s’était instaurée dans l’appareil ne chuta que d’un cran lorsque la jeune femme parut se calmer, qu’elle lâcha un soupir qui sonna à ses oreilles comme étant d’une lassitude sans pareille. Il se dit alors qu’il aurait dû lui foutre la paix dès le départ. Elle n’était pas en état de se permettre de tels excès d’émotion, elle, la si fière soldate désormais réduite à souffrir en silence.

-Caprice ou non, de toute manière, je n’ai à priori aucune raison de ne pas t’y emmener…

Ce furent les dernières paroles qui se firent entendre durant le vol. Elle s’était calmée, et le simple fait qu’elle ait employé un ton moins agressif avait suffi à, en quelques sortes, la blanchir aux yeux du rouquin. Lui en vouloir d’avoir passé ses nerfs sur lui l’espace de quelques phrases n’allait pas l’avancer. Et, au fond, ç’aurait été puéril.

L’atterrissage fut accueilli comme une bénédiction, de son côté. Il put enfin relâcher cette attention qu’il maintenait depuis la veille, et relâcher toute la tension qui s’était accumulée dans son dos. Il allait enfin pouvoir piquer du nez à son aise, et c’était l’essentiel. D’un coup d’œil, il s’assura que la capitaine ne s’était pas permis ce luxe durant le reste du trajet, mais elle était déjà en train de se débarrasser du casque. Il suivit des yeux chacun de ses gestes, et se releva lui-même une fois qu’elle s’engagea vers la sortie avec une raideur de mouvements qui ne trompait personne. Tout cela lui semblait si familier qu’il en eut un soupir contrit. Il savait, à sa manière. Son attention fut attirée par la tâche écarlate, sombre, qui maculait le fauteuil qu’elle avait quitté. Tristement habitué, il n’eut guère ce frisson glacial le long de l’échine, mais n’en ressenti pas moins une forme de dépit face à ce spectacle. Il n’osait imaginer la douleur qui devait découler de ces blessures, mais pouvait en revanche visualiser combien la fierté de la jeune femme devait en souffrir.  

Il resta un instant pensif, profitant de ce temps mort pour étirer pour de bon son corps engourdi, et enfin retrouver le plein usage de ses jambes au supplice. Enfin, il se dirigea vers la porte, qu’elle avait ouverte à en entendre le coulissement qui avait résonné dans l’appareil. Il ne s’attendait en revanche pas à la retrouver à genoux, comme abattue pour de bon alors qu’elle touchait au but, juste devant l’hélicoptère. Il n’y avait personne de suffisamment proche pour pouvoir l’apercevoir lutter contre ses démons. Or, l’un d’eux se tenait derrière elle, comme son ombre, en la personne du Turk qui pesait sur sa balance les raisons qui pouvaient le pousser à l’aider ou non.

Il sauta de l’hélicoptère, tout en souplesse malgré sa fatigue, et ses mains avaient retrouvé le chemin de ses poches avec tout le naturel du monde. Sa mission s’arrêtait là. Il l’avait repêchée, ramenée sur la terre ferme, et plus rien dans son contrat tacite ne l’obligeait à s’embarrasser de se fatiguer davantage. Ce fut pourquoi il s’éloigna, de ce pas vif et suintant de nonchalance. Ne te retourne pas. Ne te retourne pas. Trop tard. Il avait jeté un œil en arrière, et elle n’avait pas bougé. Il aurait espéré qu’elle ait un regain soudain de forces pour trouver le moyen de se trainer vers l’aide la plus proche. Mais elle était là, avec ce visage qui n’avait pas grand-chose à envier à une enfant perdue, ou un pauvre chiot qu’on abandonnerait sous la pluie. Elle n’était pas en état de protester contre cette image qu’il se faisait d’elle. Et aurait tout le temps que la maladie lui laissait pour la lui faire oublier.
Il stoppa son pas, souffla, grogna, car aider n’importe qui relevait toujours d’une corvée qu’il n’appréciait pas. Mais il avait passé la nuit à chercher ses fesses dans un océan sans limites, l’avait retrouvée, avait supporté l’aller, le retour, et un ennui qui avait failli l’achever. Ce n’était pas pour voir ses efforts crever sur le béton. Aucune histoire de bonne conscience, de tendre la main à son prochain ne se mêlait de tout ça. C’était juste une histoire de boulot bien fait. Il ne manquerait pas de le rappeler à Tseng. Alors il perdit de nouvelles précieuses minutes de sommeil pour retourner vers elle, et son visage suffisait pour dire que tout cela commençait à l’irriter. La bonne volonté, ça allait cinq minutes.

-Viens par-là, toi. Si tu me claques entre les doigts, je l’aurais très mauvaise.

Il s’accroupit près d’elle, et ne lui demanda pas son avis pour attraper le bras qui paraissait valide et le passer autour de ses épaules. Soulever des princesses, c’était bon pour les héros, et de toute manière s’il avait voulu la soulever, elle aurait sans doute trouvé la force de lui faire regretter. Il l’aida à se relever, et ne put que constater dans l’effort qu’elle mettait dans le geste combien elle s’était affaiblie en quelques heures.

-T’as failli battre Léviathan à la nage, et t’es en train de me dire que tu ne peux pas mettre un pied devant l’autre ? Aller, bouge-toi, je sais que tu vaux plus que ça.

Il n’avait plus l’humeur d’être délicat, certes, mais ne parlait pas dans le but de l’offenser. Juste de lui mettre un coup de boost, de la réveiller un peu, car sa baisse de moral était douloureuse à regarder. Il retint l’envie, plusieurs fois durant leur lente progression, de la laisser retomber sur place. Elle n’était pas spécialement lourde, mais son armure, elle, pesait un âne mort. Couplé au fait qu’elle s’appuyait sur lui sans paraître se retenir, il prenait tarif. Il ne se plaignait pas. Mais tout se lisait sur son visage. Au final, que fallait-il en retenir ? Le fait qu’il continuait de l’aider, malgré sa lenteur, ou le fait que la frustration et l’agacement se lisaient sur ses traits ? Elle était sa bonne action de l’année. La bonne action d’une vie. Ou du moins, c’était ce qu’il se disait à chaque fois qu’il laissait parler son cœur presque inutilisé.


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MessageSujet: Re: This ain't no place for no hero - Reno   Dim 19 Nov - 15:42


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Le turk descendit à son tour de l’hélicoptère, souplement, et s’éloigna. Tournant mollement la tête, Lightning observa son dos, les yeux un peu plissés d’espoir. Pas l’espoir qu’il se retourne, elle considérait qu’il en avait déjà assez fait pour elle (Lightning songeait d’ailleurs que le fait d’ignorer royalement sa faiblesse était une forme de délicatesse de sa part. Elle préférait largement cela que susciter la pitié), mais il s’agissait plutôt de l’espoir qu’elle puisse se lever, que le voir partir lui donne le courage de le suivre. Sauf que rien. Il s’éloignait et elle allait rester là comme ça, comme une idiote… Semblant rompre avec ses résolutions, Reno cessa de marcher et se retourna finalement. Lightning détourna aussitôt le regard, par pudeur, comme si le fait de ne pas le regarder rendrait sa peine moins visible. Sauf que non, Reno n’était pas un bambin qui considérait qu’une chose avait disparu parce qu’on avait posé un voile dessus. Elle pensait qu’il se retournerait quand même, blasé, et poursuivrait sa route, mais ses godasses entrèrent finalement dans son champ de vision bas. Elle releva un regard incrédule vers lui tandis qu’il la sermonnait : « Viens par-là, toi. Si tu me claques entre les doigts, je l’aurais très mauvaise. » Elle validait totalement cette attitude du ‘ça me fait chier de le faire mais je le dois’, comme si ce mauvais esprit la faisait déculpabiliser de l’enquiquiner. C’était déjà assez difficile pour sa fierté comme ça ! Elle laissa son bras sain entourer son épaule et abusa de tout le peu de force qui lui restait dans les jambes pour se redresser en même temps que lui. Reno devait au moins l’alléger de la moitié de son poids là. « T’es pas si terrible, hein… » marmonna t-elle comme pour enfoncer un peu le clou, mais cette taquinerie lasse était la preuve qu’elle non plus, au final, n’était pas si terrible que ça. « T’as failli battre Léviathan à la nage, et t’es en train de me dire que tu ne peux pas mettre un pied devant l’autre ? Aller, bouge-toi, je sais que tu vaux plus que ça. » Il a raison, se dit-elle. Mais même les plus grands héros de ce monde ont leurs périodes noires et, à sa décharge, elle ne faisait pas partie des plus grands, cela l’excusait d’autant plus. « Donne-moi juste… quelques petites heures... et je t’explose les yeux fermés », se défendit-elle avec une conviction vague, tellement vague qu’elle prenait parfois de courtes pauses entre les mots pour reprendre une petite inspiration, car ça commençait à lui couter de parler. Son état s’était dégradé pendant le trajet sans qu’elle ne voit la chose venir, c’était le prix à payer d’avoir rallongé la distance jusqu’à Midgar, mais de toute façon, elle le devait !

« Tu me laisses au secteur 5 et c’est à moi que tu envoies la facture pour ce trajet supplémentaire, deal ? ». Le capitaine supportait difficilement d’être redevable à quelqu’un, elle se sentirait probablement mieux si elle devait cracher quelque chose de sa poche. En se posant à l’extérieur de la ville, au moins, ils ne se trouvaient pas forcément plus loin d’Edge que de ce secteur, donc si Reno pouvait râler sur un point, c’était plutôt sur le sens de la requête (d’où elle allait disposer de soin au secteur 5 et qu’est-ce qui lui garantissait qu’elle lui lâcherait la grappe ? ), plutôt que la requête en elle-même. Light espérait de tout cœur y trouver l’eau sacrée, vaincre ce désespoir et cette désillusion qui s’était emparé d’elle, savoir qu’elle vivrait plus longtemps… elle voulait montrer à Reno aussi, que tout ce qu’ils faisaient là en avait un, de sens, puisqu’il ne se cachait pas de montrer combien il était blasé de l’avoir déjà amenée jusqu’ici et de continuer à se la coltiner. « Là, l’église » désigna t-elle quand ils arrivèrent proche du but. Dernière ligne droite et le pauvre rouquin serait enfin libéré d’elle. Peut-être que son esprit avait déjà fait les liens, qu’il était en train de comprendre la gravité de la situation en la mettant en rapport avec ce qu’il se trouvait de si important dans le secteur inhabité, sans vie, et surtout au sein de l’église. A l’intérieur de l’édifice dans lequel ils rentrèrent, Lightning attendit un moment avant de trouver le courage de se détacher de son sauveur. Elle fit quelque pas faibles vers le trou béant dans le sol et baissa les yeux… il n’y avait rien. L’eau s’était asséché et Lightning, désabusée au possible, ne trouva rien de mieux que de lâcher un : « Ah. » Il y avait cette lourde pierre au sein de sa poitrine qui lui donnait l’impression de peser une tonne, qui la clouait au sol, moralement, par-delà ses blessures. C’était peine perdue de toute façon, inutile d’abuser plus longtemps de la patience de son camarade. Lightning tourna doucement la tête vers lui, ses traits étaient las, mais son regard chimique transmettait une bienveillance sincère à son sauveur, ainsi qu’un espoir d’indulgence. Ce qu’il venait de voir là, ce qu’il savait sans qu’elle ne parle… elle voulait qu’il le garde pour lui. Si le malheur qui la touchait s’ébruitait, la WRO lui tournerait probablement le dos sous prétexte que c’était pour son bien, et là, ce serait vraiment une mort prématurée. Elle devait se battre jusqu’au bout, c’est tout ce qu’il lui restait désormais. « Je peux compter sur la discrétion d’un turk ? C’est la dernière chose que je te demanderai. »



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MessageSujet: Re: This ain't no place for no hero - Reno   Dim 3 Déc - 0:12


« Sauvetage en pleine mer. »



La demoiselle lui semblait peser un âne mort, en toute franchise, malgré tous les efforts qu’elle mettait dans le simple fait de poser un pied devant l’autre. Rufus allait devoir ajouter au moins un zéro à sa paie, sous peine de se voir accablé de regards contrariés jusqu’à ce que le rouquin ait oublié cette histoire. Quant à la remarque qu’elle laissa filer, il préféra ne même pas la relever, et ne fit que relever un peu le menton, froissé dans son égo. Pas si terrible ? Pas si terrible ! Qu’elle attende de se le mettre à dos, et elle verrait bien s’il ne l’était pas. Quoi qu’il en soit, en l’état actuel des choses, la pique légère, dénuée de méchanceté, lui assura au moins que ce n’était pas encore un cadavre qu’il trainait derrière lui. Il arqua un sourcil, cependant, à la menace lancée en l’air qu’elle lui exposa quelques secondes après :

-Garde les yeux ouverts, va, ça ne sera pas de trop, au point où t’en es.

S’il ne tenait pas tant que ça à faire la conversation, il avait en revanche à cœur le fait de ne pas la laisser se perdre dans ces noires pensées qu’il sentait presque tourner dans son cerveau. Il ne manquait plus qu’elle s’écroule de nouveau, et il ne trouverait alors plus la patience de la relever. Fort heureusement, la fière -et diminuée- Soldate semblait bien décidée à ne pas lui jouer de mauvais tours. Du moins, il le pensa avec au moins une once de sincérité jusqu’à ce qu’elle lui fasse par de sa requête qui lui arracha cette fois le grognement le plus franc qu’elle ait pu entendre jusque-là.

-Tu ne voudrais pas me demander de creuser directement ta tombe, aussi ? Qu’est-ce que tu veux aller foutre dans l’secteur 5 dans un état aussi lamentable ?

Il ne se souciait même plus de ces histoires de factures, car force était de constater qu’il comptait de toute manière trouver compensation à ses services, d’une façon ou d’une autre, à un moment donné. Le dernier des imbéciles lui-même aurait très vite compris qu’un Turk ne travaillait jamais par pure bonté. Et Lightning n’était pas la dernière des imbéciles, chose qui l’arrangeait. Il n’aurait pas à subir de discours moralisateurs de sa part quant à la générosité quand il viendrait réclamer son dû.

Le trajet fut aussi pénible que ce qu’il avait présagé. Car il avait tout naturellement orienté leur marche commune, cette marche qui prenait une étrange tournure de marche funéraire, jusqu’au secteur concerné. Pas si terrible, qu’elle disait. En quelques sortes, il constatait maintenant que c’était le cas. Il eut tout le temps du monde pour réfléchir à la situation, car il ne se sentait pas d’humeur à entretenir la conversation, finalement. De plus, la jeune femme ne pouvait guère parler et marcher dans son état. C’était trop lui demander. Tandis qu’il avançait à un rythme bien trop lent à son goût, il reconnut sans mal le trajet qu’elle lui faisait emprunter. L’église. La fameuse église. Les esquisses d’idées qui s’étaient peu à peu formées dans son esprit finirent par se préciser, à chaque pas, et il eut un ressentiment très désagréable au fond de la poitrine.

Ce n’était pas un hasard, qu’elle désirât si ardemment venir se perdre dans un lieu où les soins étaient proches de l’inexistence. Ce n’était pas non plus un hasard, qu’elle ait récolté bon lot de blessures au Nord.

Plus que tout, ce n’était pas un hasard si ce tissu blanc, sur ce bras douloureux, lui rappelait un bien sombre souvenir.

Il espérait encore se tromper lorsqu’elle prit la parole pour la première fois depuis de longues minutes. Il acquiesça lentement, les lèvres pincées, et ne se fit pas prier pour l’aider à atteindre enfin le lieu qu’elle devait avoir en tête depuis l’instant où il l’avait repêchée. Il resta un moment à l’entrée, sentant le poids devenu presque familier de la capitaine sur ses épaules, et son regard se perdit sur l’édifice. Cette église… C’était fou d’imaginer ce qu’elle pouvait représenter, et ce pour tant de personnes. Il ne se soucia pas de la sentir se décaler, et ne la vit pas marcher avec cette allure proche d’un jeune faon fragile sur ses pattes. La pluie bienfaitrice n’était plus, et les pierres restaient seuls vestiges de tout l’espoir qu’elles avaient pu porter en leur cœur.

Il se douta des mots qu’elle aurait pu prononcer avant même qu’elle ne puisse les articuler. Pourtant, l’impact du simple son qu’elle lâcha fut plus grand à ses yeux que tous les discours, que tous les cris qui pouvaient exister. Ah. Un simple « ah » porteur de toute cette déception, de tout ce désespoir qu’il connaissait déjà par cœur sans même l’avoir vécu.

-Ah. Oui. C’est l’cas de le dire.

Il avait remis ses mains dans ses poches, et se tenait légèrement en retrait, témoin de sa douleur sans pour autant être acteur du drame qui se jouait sous ses yeux. Malgré sa posture nonchalante, ses prunelles brillaient de la dangereuse lueur de la compréhension, et son visage figé dans un sérieux implacable était hurlant d’une unique vérité : malgré lui, il était concerné. Pas de pitié, pas de dégoût, juste une compassion légère, un souhait de courage face à ce qu’elle allait affronter. Il ne pouvait qu’imaginer, mais pour les avoir vu évoluer sur son propre patron, les ravages de la maladie n’étaient guère des chimères à ses yeux, mais une cinglante réalité.

-Je ne vois absolument pas à propos de quel sujet tu veux que je sois discret. Ton amour pour les vieilles églises, ou ton brevet de natation, peut-être ?

Il eut un sourire en coin à son égard. Sans saveur, sans joie ni ironie, mais simplement teinté d’une malice douce. Son regard le trahissait sans qu’il ne cherche à l’empêcher. Elle avait son silence, au moins pour un temps. Elle ne pouvait demander plus de sa part. Si par malheur ses employeurs en venaient à lui poser la question, il la vendrait sans sourciller. Mais d’ici là… Il n’avait aucune raison de le faire. Aucune raison de dévoiler des détails inutiles. Ce ne serait pas même un mensonge, simplement une omission, comme il le disait si bien. Elle avait déjà suffisamment de problèmes sans qu’il vienne en plus lui en ajouter sur le dos. Longtemps, il la regarda sans ciller, comme cherchant à percer les dernières barrières qu’elle pouvait ériger. Elle lui était reconnaissante. Il le voyait. Il eut un geste de recul, comme prêt à partir, mais pencha la tête d’un air intrigué :

-Tu vas vraiment me faire croire que c’est ton dernier souhait ? Tu m’as traîné jusqu’au bout des mers. Fais changer de trajectoire par deux fois. Salopé le fauteuil de l’hélico, et traîné ta carcasse jusqu’ici. Profite de ma bonté : Où veux-tu aller maintenant ? Il n’y a rien pour toi ici. Et je ne compte pas te laisser crever si aisément. J’te quitterai quand je te saurais, si ce n’est entre de bonnes mains, au moins à un endroit où tu pourras panser tes blessures et te reposer.

Il avait des cernes à en rendre jaloux un insomniaque. Mais comme il l’avait si bien énoncé, il avait déjà fait beaucoup trop pour la laisser ici, dans ces ruines d’église synonyme de l’envol de son dernier espoir, alors qu’elle était incapable de marcher et qu’il avait la sensation qu’elle n’avait jamais vraiment cessé de saigner depuis l’atterrissage. Alors, déjà, il retournait vers elle pour l’épauler avant que ses jambes ne la lâchent, tant sous le coup de la fatigue que des émotions qui pouvaient l’habiter.

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MessageSujet: Re: This ain't no place for no hero - Reno   Dim 10 Déc - 14:21


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Malgré les réticences du turk, qui était un râleur à la hauteur du capitaine, ils étaient arrivés à destination, et avaient pu constater à deux le petit… souci. « Ah. Oui. C’est l’cas de le dire » confirma t-il, soulignant par là qu’il était aussi peu doué qu’elle pour exprimer ce qu’on était censé exprimer dans ce genre de catastrophe. L’excuse de Light, c’est qu’elle était aussi prostrée qu'elle n'était pas démonstrative, celle de Reno, c’est qu’il était plus détaché, chose à quoi son métier l’obligeait. Lightning observait celui-ci avec une forme de tendre lassitude, appelant à l’indulgence sur sa demande implicite. Il y avait nombre de choses qu’il pourrait raconter de sa mission s’il le voulait : c’était d’ailleurs son devoir. Mais ce détail en particulier, cette maladie, la compromettrait autant devant Rufus que devant la WRO. Elle se sentait déjà suffisamment laissée pour compte comme ça. Lightning avait toujours été solitaire, sans jamais ressentir la solitude. Mais avec la maladie, oui, elle se sentait effroyablement seule. « Je ne vois absolument pas à propos de quel sujet tu veux que je sois discret. Ton amour pour les vieilles églises, ou ton brevet de natation, peut-être ? », répliqua t-il avec ce mince sourire teinté de malice. C’était sa façon de dire qu’il se tairait. Le capitaine saurait qu’il a tenu parole car, quelques jours plus tard à peine, on fera appel à elle pour une mission à la tour où elle le croisera d’ailleurs. Ses lèvres s’étirèrent à leur tour en un pâle sourire reconnaissant, presque amusé. « Entre autre... ». Après ce léger moment de complicité, où l’un comprenait enfin l’autre, Lightning consentit à le congédier et en profita pour tenter d’arracher le plastron de son armure par le col, de son bras valide. Vu le peu de forces qui lui restait, elle dut tirer deux fois pour enfin y parvenir et le jeter par terre, sous le regard sceptique de Reno qui ne semblait finalement pas décidé à la laisser tomber. Libérer prématurément le turk était une forme de remerciement de sa part : il n’y avait plus rien à faire. Étrangement, il ne l’entendit pas de cette oreille. Alors qu’il sembla tenté de partir l'espace d'un court instant, il resta et l’apostropha presque sèchement. Lightning retira plus mollement ses jambières, écoutant le curieux rouquin d’une oreille distraite. Elle soupira légèrement de soulagement quand elle fut enfin libérée de ces kilos superflus. La rose se sentait désormais complètement à poil avec ces morceaux de tissus noirs d'élasthanne, déchirés et ensanglantés par endroit, qu’on hésitait à qualifier de robe tant celle-ci était courte. Fort heureusement, comme tout soldat, Lightning n'était pas pudique. Pas non plus folle au point de révéler au grand public combien sa silhouette était frêle, le capitaine avait gardé ses épaulettes et protections de bras. C’était un peu comme pour faire savoir qu’elle était toujours en mesure de vous faire traverser un mur d’un coup de poing, quelle que soit son état… ce n’était plus vraiment le cas certes, mais l’apparence avait son importance. Blessée comme elle l'était, la jeune femme avait aussi un peu froid, en rappel à la glace qu'elle avait traversé quelques temps plus tôt, mais tant pis : elle n'était plus à ça près. Light ne se redressa qu’au moment où Reno s’approchait d’elle, c’est qu’il ne déconnait pas !

« Tu m’laisserais même grimper sur ton dos, avoue » railla t-elle en passant un bras autour de ses épaules pour se soutenir. Le geste envers lui avait quelque chose de nouveau par rapport à la fois précédente, quelque chose d’un peu plus chaleureux. C’est presque comme si elle retrouvait un vieil ami et comptait faire une promenade bras dessus bras dessous avec lui, à la différence qu’on ne s’appuie pas autant sur ses camarades. Laissant son équipement derrière, y compris l’épée, elle quitta l’église avec lui et se rendit compte qu’elle contemplait mentalement sa plaisanterie précédente avec une convoitise retenue : franchement, ça aurait été tellement plus simple de lui grimper sur le dos et y piquer un somme. Le capitaine garda cette petite pensée pour elle-même et se contenta de poursuivre sa tâche de mettre un pied devant l’autre, prenant son mal en patience. Elle avait quand même une certaine étiquette à conserver… un principe ridicule puisqu’elle allait claquer de toute façon. « Je te guide ». Et elle le guida savamment, notamment quand il s’agissait d’éviter les postes de soldats aux bordures d’Edge : Lightning ne voulait certainement pas qu’ils la voient comme ça. Traversant la ville grise, la ville triste, elle évitait soigneusement le regard d'autrui. Lorsque son immeuble apparut enfin dans son champ de vision, son visage se détendit un peu. Elle en avait juste marre, heureusement que le turk était là. Cette situation, seule, l’aurait rendu folle. Elle comptait forcer sur les elixirs pour se remettre sur pied. Hors de question d'informer Serah de son état. Sa sœur paniquerait. Lightning ignorait jusqu’où le turk l’accompagnerait. Devant la porte de l’immeuble, devant celle de l’appart, devant le pieu ? Ne sachant pas à quel moment placer l’adieu, elle préféra anticiper ces quelques mots : « Un jour, c’est toi qui auras besoin de moi, et je serai là » Lightning avait effectivement une sacrée dent contre le principe d’endettement. Plus vite elle en serait acquittée, mieux elle se porterait.


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MessageSujet: Re: This ain't no place for no hero - Reno   Mar 19 Déc - 19:36


« Sauvetage en pleine mer. »



Qu’elle se déshabille allégrement devant ses yeux ne l’avait ni gêné, ni poussé à l’aider, malgré les difficultés évidentes qu’elle avait eu à s’arracher à son plastron et ses tonnes de matériel qui devaient lui peser sur le dos. Il était même plus surpris, en réalité, qu’elle ne l’ait pas déjà fait en cours de route. Désormais débarrassée, elle avait une sacrée dégaine qu’il ne lui enviait pas le moins du monde. Constellé de trous, le tissu tenait par il ne savait quel miracle. Ou plutôt, il se doutait que le sang, qu’il soit humide ou séché, devait bien aider. Triste spectacle que de voir la jeune femme diminuée de moitié sans sa prestance et la carrure que lui conférait son équipement : il ne fit néanmoins aucune réflexion. Comme si cela allait changer quelque chose à sa destinée, elle avait gardé les protections qui couvraient ses bras, et cela lui donnait un air encore plus étrange aux yeux du Turk. Un faon qui tenterait de mordre ne serait pas plus décalé qu’elle en cet instant.

-Ce n’est pas demain la veille que je te laisserai me grimper dessus… Même si la proposition est tentante. Ricana-t-il avec le ton de celui qui sait à l’avance que ses paroles ne sont qu’un condensé d’idioties.

Il n’alla pas jusqu’à lui taper l’épaule comme à une camarade, peut-être parce qu’il craignait de la faire s’effondrer s’il se laissait aller. Cependant, l’accolade, si elle n’avait qu’un but pratique au prime abord, était devenue moins mécanique. C’est qu’elle était attachante, la rescapée ! Il ne se fit pas davantage prier pour quitter les lieux, jetant toutefois un regard sceptique à tout ce qu’elle abandonnait. Soit… Elle comptait revenir, sans doute. Où bien n’y tenait-elle pas tant que ça. C’était le cadet de ses soucis, et il était trop fatigué pour ne serait-ce que proposer de porter tout ce bazar. Sa bonté connaissait des limites.

Une chance que la capitaine, bien que semblable à une épave, ait été assez réveillée pour le guider avec une efficacité monstre dans les rues. Il se serait bien débrouillé seul, mais avec un tel fardeau sur les épaules, éviter les soldats n’était pas sa priorité ni même la chose la plus aisée à faire. Il eut le temps en cours de route de bailler un nombre de fois incalculable, à en manquer de se dérocher la mâchoire. Les rues lui semblaient bien longues, et il prenait son mal en patience pour ne pas accélérer le pas. La prendre sur son dos était trop pour son égo, même s’il considéra un instant l’idée, lui aussi. Autant pour conserver son égo -il n’était pas un vulgaire canasson !- qu’à cause de son énergie qui s’effritait, il se contenta de la traîner à sa suite. Elle ne connaitrait jamais la joie de se faire trimballer comme une princesse dans toute la ville. Pas avec lui.

Il sentit qu’ils arrivaient à destination, qu’il espérait être la dernière, avant qu’elle ne l’exprime. Il venait de sentir une partie de la tension qui habitait les épaules de la jeune femme se dissiper. Il eut cette puissante envie de la larguer comme un colis indésirable devant son entrée, et partir en bondissant retrouver ses draps. Puis il songea aux escaliers possibles, et au fait qu’elle avait aussi bonne forme qu’un objet mâchonné et craché par un bahamut. Du moins, sa bonne conscience lui souffla que ce c’était une excellente excuse pour ce qu’il s’apprêtait à faire.

-T’as qu’à me payer en nature, au pire. Lui coula-t-il avec une feinte innocence, et un tel culot dans la voix que lui-même ne parvint pas à se prendre au sérieux : Pas besoin que tu précises ça, je saurais te le rappeler. Au moment voulu…

Il n’avait pas oublié cette histoire de grimpette de l’église, et à voir cette ombre de sourire à ses lèvres, il ne saurait l’effacer de sa mémoire dans le futur. Un esprit tordu le restait, aucune raison qu’elle ne puisse en profiter. Il ne la quitta pas à son entrée. Il ne la quitta pas plus devant sa porte, et il s’appliqua à éviter son regard avec cet air lassé qui suffisait à dire qu’il se souciait très peu de ce qu’elle pouvait en penser. Il s’était frappé tout ce trajet, qui l’éloignait dramatiquement de chez lui, pour les beaux yeux de la demoiselle. Retourner à Edge était au-dessus des bribes de patience et de motivation qu’il possédait encore. Il sentait qu’il risquait de se rouler en boule, quelque part entre ici et chez lui, et se laisser mourir en pleine rue tant l’envie de dormir commençait à l’écraser.

Alors madame supporterait le fait qu’il venait sournoisement de s’inviter chez elle. Qu’il avait élu domicile sans forme de vergogne ou de retenue. Ils n’étaient plus à ça près, pas vrai ? Il pouvait toujours évoquer une forme de « surveillance amicale » à son égard, pour s’assurer qu’elle n’allait pas claquer d’ici quelques heures. La réalité étant qu’à peine la porte franchie, et avisant l’air qu’affichait la jeune femme, il leva un doigt pour couper court à toute forme de procès :

-Chacun son tour, les caprices, bichette, asséna-t-il avec malice, alors qu’il s’assurait qu’elle tenait sur ses jambes pour enfin la relâcher et soulager son épaule qui commençait à s’engourdir.

Il s’était dit qu’il serait cordial, poli, un garçon bien élevé en somme, mais l’éducation à la Turk le forçait à laisser ses grands yeux clairs et cernés gambader de ça de là pour voir tout ce qui pouvait l’entourer. Il ne fit pas mine de la laisser en placer une. Comme s’ils étaient de bons amis de longues dates, il ne prit pas la peine de quêter un quelconque accord pour fureter, et se serait allégrement laissé crever dans le canapé qu’il avisa du coin de l’œil si elle n’avait pas été dans un état aussi catastrophique. Et qu’il n’avait pas eu, malgré tout, une certaine forme de respect envers elle. Tout relatif.

-De toute façon ce n’est pas comme si t’avais plus besoin de moi… Tu devrais te doucher, tu sens le fauve, d’ailleurs. Quoi que tu risquerais de te noyer, à tes risques et périls… Certaine d’envisager de me virer d’ici ?

Mais l’envahisseur était bien installé. Avec ou sans accord, il était bien parti pour arriver à ses fins. A savoir, faire la sieste d’une vie ici même, et ne même plus songer à faire un seul pas de plus dans la rue.


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MessageSujet: Re: This ain't no place for no hero - Reno   Mer 27 Déc - 23:58


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A sa proposition d’être payé en nature, Reno n’eut l’honneur que d’un discret « Pff » blasé. Si elle avait été en pleine forme, peut-être y aurait-elle ajouté un coup vertical sur le sommet de sa tête c’est douloureux comme un plafond qui s’effondre sur soi il paraît. En tout cas, le turk l’accompagna jusqu’à son salon, nom d’un Ifrit à poil ! Alors qu’elle ouvrit la bouche pour exprimer sa gratitude (en essayant de ne pas paraître surprise par son altruisme), Reno l’intima au silence en levant le doigt. « Chacun son tour, les caprices, bichette » « … ? » Le léger froncement de sourcils qu’elle lui adressa manifestait de l’incompréhension, mais vu sa mine un peu bougonne naturelle, Reno l’interpréta comme de la réticence. Il poursuivit donc : « De toute façon ce n’est pas comme si t’avais plus besoin de moi… Tu devrais te doucher, tu sens le fauve d’ailleurs. » Elle sentait surtout le sel et le sang mais soit, ces deux odeurs puaient. « Ouais... » « Quoi que tu risquerais de te noyer, à tes risques et périls… Certaine d’envisager de me virer d’ici ? » En fait, elle n’avait pas envisager de le virer, parce qu’elle n’avait pas envisagé le fait qu’il comptait rester. Lightning le réalisa soudainement. Elle l’observa un instant. Non pas qu’elle était en train de peser le pour et le contre, simplement, elle le scrutait. Il était crevé et avait la flemme et c’est le genre de truc qu’elle pouvait comprendre, elle-même étant une feignasse. « Fais comme chez toi », dit-elle avec un haussement d’épaules désintéressé (qui lui fit un peu mal d'ailleurs). Elle retira ses bottes, et profita de l’intimité de son appartement pour enfin retirer ses protections au bras, peu soucieuse d’être vue dans son frêle gabarit face à son camarade: la faiblesse dont elle avait été victime devant Reno lui inspirait la même honte qu’une sainte mise à poil en publique donc… elle n’avait strictement plus rien à lui cacher, à lui, hélas. Tout en marchant d’un pas lent et précautionneux vers la salle de bains, Lightning attrapa le pan de sa courte robe et le releva pour la retirer. Jetant le tissu au sol, elle s’arrêta devant la commode calée contre le mur et en ouvrit le tiroir. Elle y prit une potion, plus que bienvenue, dont elle fit un cul sec. « Il y a ce qu’il faut dans le frigo…», précisa t-elle ensuite à l'attention de son invité, au cas où il aurait faim. Le petit remède lui donna la force pour le chemin qu’il restait à faire. Light poursuivit sa route vers la salle d’eau d’un pas un peu plus assuré, en dégrafant son soutien-gorge. A l’intérieur, elle poussa la porte de la main, la fermant un peu pour faire semblant de manifester une certaine pudeur (comme une femme normale devrait en ressentir), bien qu’elle n’en eut en réalité rien à foutre. D’ailleurs, elle rouvrit prestement pour jauger Reno d’un regard suspicieux. « Si je te trouve les pieds sur la table et que tu n’as pas retiré tes godasses, je te liquide » Elle referma, puis rouvrit légèrement : « Retire tes godasses tout de suite en fait ». Laissant la porte un peu entrebâillée au cas où elle aurait des ordres du même genre à lui brailler, elle fit glisser les bretelles de son soutif et le laissa tomber au sol, puis elle se débarrassa également du dernier sous-vêtement.

Lightning fit couler le bain et daigna retirer, enfin, la toile blanche qu’elle avait enroulé et surenroulé autour de son avant-bras. Elle était désormais autant couverte de noir que de rouge. Soupirant de lassitude, la rose se glissa dans la baignoire et y ajouta de la mousse. Une fois bien couverte, elle arrêta l’eau et resta mollement allongée, la tête appuyée sur le rebord. La guerrière resta ainsi un long moment, s’amusant parfois à sortir son bras malade de l’eau pour le regarder tandis qu’il était maculé de mousse, et que les géostigmates étaient donc cachées. L’illusion de la santé, de la pureté. Ennuyée, elle le replongeait dans l’eau.. Elle avait la flemme de se lever et de sortir. Peut-être n’était-ce pas qu’une simple flemme, mais une absence de courage. Ses muscles étaient mous. Elle se demanda si, au moins, les morceaux de tissus de sa robe restés accrochés à sa peau ensanglantée s'étaient désormais décollés. Il serait plus avisé de se savonner plutôt que de compter là-dessus cela dit. Alerte flemme. Y aurait grave de l’abus si je l’appelle pour ça… osa t-elle songer, tant la paresse la paralysait. Tiens, en parlant de lui… elle l’avait complètement oublié ! Peut-être qu’il s’inquiétait, ou peut-être pas du tout… peut-être qu’il dormait ? Aucune idée. Dans l’éventualité où il se demandait ce qu’elle fichait, elle lança d'une voix un peu portante pour qu'il entende : « J’suis vivante … si ça t’intéresse », ajouta t-elle dans un soupir en s’affaissant un peu. Lightning décida de s’octroyer trois minutes supplémentaires avant de se bouger. Sa motivation ? L'image d'elle-même allongée dans un lit douillet. Une seconde, il faudrait peut-être panser ses plaies avant ça? «Fais chier», souffla t-elle avant de se laisser glisser complètement dans l'eau, l'idée de se noyer comme Reno l'avait suggéré lui traversant effectivement l'esprit. Sortant finalement la tête des bulles, la grande pacha croisa les bras sur le rebord de la baignoire et posa son menton dessus. Trois minutes, disait-on.


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MessageSujet: Re: This ain't no place for no hero - Reno   Ven 29 Déc - 22:26


« Sauvetage en pleine mer. »



Il eut un pur sursaut de satisfaction lorsqu’elle lui indiqua tout en lassitude qu’il pouvait disposer de sa demeure comme il l’entendait. Quelle joie, que de pouvoir enfin poser ses fesses ailleurs que dans un hélico. Et de ne plus avoir à trainer une carcasse vaguement rose à travers toute la ville. C’est que ça pèse lourd, ces bêtes ! Alors qu’elle entreprenait d’effeuiller stratégiquement les dernières couches qui la couvraient, il fit le tour de l’endroit avec un intérêt tinté de malice. La veille, il ne connaissait d’elle que son nom, et ils étaient désormais comme cul et chemise pour l’espace d’un moment. Repêcher des gens créait des liens plutôt étranges. Elle avançait à un rythme qui relevait du ridicule car il eut le temps de repointer le bout de son nez avant qu’elle n’ait disparu dans la salle de bain. Mater sa camarade lui passait bien au-dessus : fallait voir sa dégaine ! La fatigue primait sur tout le reste, et ils partageaient en plus de leur épopée un flagrant manque de pudeur. Alors qu’il songeait déjà à ce qu’il allait pouvoir trouver dans le frigo qu’elle venait d’évoquer, il releva un œil innocent vers elle lorsqu’elle rouvrit la porte à la volée, toujours à moitié nue, et il fallait être aveugle pour ne pas réaliser que son pauvre soutien-gorge avait dors et déjà été en partie retiré. Décidément aucune gêne.

-Bien patron, marmonna-t-il, mais sans doute pas assez fort car elle réapparut tout de suite dans l’entrebâillement de la porte pour changer ses ordres : Tout de suite patron.

Les chaussures trouvèrent bien vite leur place dans un pauvre coin de la pièce, et il laissa son estomac le guider jusqu’à la cuisine, où il se posa quelques instants pour réfléchir à ce qu’il pourrait bien faire. Il jeta un œil au frigo, songeur, trouva de quoi faire des sandwichs, mais le seul effort de sortir tout le bazar, d’empiler les ingrédients… Lui paraissait incommensurable. Il pinça les lèvres, regrettant de ne pas avoir Rude sous la main -lui, en désespoir de cause, aurait fini par les faires ! -, et se pencha par l’encadrement de la porte pour zieuter en vitesse si ça semblait bouger dans la salle de bain. Aucun signe de vie. Avec un ricanement léger, il se dit qu’au rythme où elle allait, potion ou non, elle n’était peut-être même pas encore dans l’eau. Son attention se reporta de nouveau sur ce qui lui faisait face, et il contempla un instant l’idée de se laisser mourir de faim jusqu’au lendemain. Mauvais plan. Il entreprit donc d’ouvrir tous les placards, saluant le sens du rangement parfois un peu particulier de la jeune femme -un poignard parmi les couteaux à beurre, c’était presque banal en soit. Il trouva son bonheur en la personne d’une casserole et d’une quantité industrielle de pâtes. Il espérait juste ne pas piquer du nez en attendant que l’eau bout. Attendant que le saint graal daigne se manifester, il se laissa aller sur une chaise avec une lourdeur digne d’un jeune cachalot. En fait il avait presque oublié la capitaine qui barbotait et aurait pu mourir vingt fois dans ce laps de temps. Fallait pas compter sur lui pour jouer les baby-sitters, c’était un fait. Après avoir jugé que l’eau était bien en train de bouillir, et ajouté du sel de façon aléatoire, il balança les pâtes avec un air ennuyé. Pas assez. Pas assez. Merde. Beaucoup trop. Y aller à l’œil n’était pas la bonne solution dans son état. Tant pis, elle avait plutôt intérêt à les manger. De ce qu’il en avait aperçu, et bon sang qu’il en avait vu d’elle en quelques heures, se remplumer ne lui ferait pas de mal. Maintenant qu’il en était réduit à se demander ce qu’elle pouvait bien manger, il se souvint brusquement qu’elle devait prendre une sacrée longue douche pour ne pas être sortie. En l’occurrence, il n’entendait pas couler l’eau. Un bain, alors. Il regarda les pâtes cuire, et imaginer la jeune femme dans la même situation provoqua un certain élan d’hilarité sur son esprit en compote. Ouais. Il devait vraiment dormir avant que ça ne devienne grave.

Il releva la tête du spectacle quand elle l’interpela, ou du moins que sa voix franchit la porte entrouverte. Vivante, c’était toujours bon à savoir. Il aurait l’air bien con s’il la retrouvait noyée. Il fixa l’heure, un instant, pour voir si le repas de fortune et pourtant bien mérité était prêt, mais se rappela vite qu’il n’avait pas pensé à regarder avant de balancer les pâtes comme un sauvage quelle heure il pouvait être. Il regretta alors de ne pas avoir simplement fait une grève de faim, et décida que ça devait être prêt. Manquerait plus qu’il s’ébouillante, mais il s’en tira sans dommages.

-T’es encore vivante, maintenant ? Demanda-t-il alors qu’il envisageait sobrement de manger directement dans la casserole.

Pas de réponse. Il ne s’en inquiéta pas tout de suite, mais réitéra sa question une bonne minute plus tard. Elle devait être morte, pensa-t-il avec une douce résolution avant que ça ne lui monte enfin au cerveau. Il s’éjecta de sa chaise, et envoya paître tous principes selon lesquels un homme ne devait pas entrer dans la salle de bain d’une dame sans y être invité, blablabla, tout le topos. Elle n’avait qu’à pas laisser la porte ouverte, au pire. Il ne fut accueilli que par ce regard bleu et blasé, et le visage inexpressif de la jeune femme qui trônait sur ses bras. L’un d’eux, noirâtre, couvert de mousse, ne reçut qu’un coup d’œil de sa part, mais il ne s’y attarda pas. Il connaissait la chose, cela ne le choquait pas outre mesure. Trois minutes, avait-elle pensé tout en laissant s’en écouler dix. Il arqua un sourcil, moqueur, car il ne lui restait plus que l’humour pour ne pas faire une crise de nerfs.

-C’est trop demandé de me répondre quand je t’appelle ? Non pas que j’m’inquiétais, tu vois, mais c’est plutôt agaçant, se justifia-t-il de son intrusion tout en détaillant des yeux cette salle de bain qu’il n’avait pu visiter comme le reste. Une fouine jusqu’au bout.

Et, comme si c’était la chose la plus naturelle du monde, il vint se poser près de la baignoire, la jaugeant du regard avec un léger rictus. La mousse sauvait les restes de pudeur qui avaient pu un jour exister chez eux, mais il se souciait plus des blessures qu’elle pouvait avoir, là, dessous, que de toute autre chose.

-T’arrives à sortir de là, au moins, ou tu comptes te laisser mijoter dans ta baignoire jusqu’à ta mort ? S’tu pouvais manger la tonne de pâtes que j’ai raté avant, tu m’ferais plaisir.

Elle y était entrée, elle pouvait bien en ressortir de cette baignoire, à son avis, mais très franchement il en venait à douter vu le temps qu’elle y avait passé. Bientôt elle dormirait dedans, et il ne pourrait rien contre ça si ce n’est la juger du regard. Il s’étira de tout son long pour attraper une serviette qui traînait, et la mettre directement sur la tête de la blessée, en partie pour couvrir ces grands yeux bleus. Cette tête qu’elle lui servait achèverait de faire voler en éclat toutes ses résolutions comme quoi il était censé ne plus lui accorder une once de générosité. Sans lui demander franchement son avis, il remonta sa manche pour déboucher la baignoire, parce que faire trempette, ça allait bien cinq minutes. Il n’avait qu’une hâte, la parquer dans son lit, et pouvoir à son tour s’écrouler comme il en rêvait.

-Bouge de là, va, tu vas finir aussi ridée qu’une p’tite vieille en plus d’imiter l’otarie.



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MessageSujet: Re: This ain't no place for no hero - Reno   Mar 2 Jan - 18:47


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En obéissant à la mégère et en retirant ses chaussures, Reno eut la sympathie de sauver l’honneur de celle-ci (alors qu’il aurait très bien pu faire remarquer qu’elle lui avait préalablement dit de faire comme chez lui). C’est donc avec un semblant de dignité que la jeune femme put se plonger et patauger durant une durée indéterminée dans son bain qui lui assécha le peu de vie qui lui restait. Si elle avait su que Reno avait décidé de cuisinier, et mettait donc la baraque en péril, elle aurait peut-être évité d’agir comme si elle avait la conscience tranquille. Le menton reposant sur son bras, alors qu’elle se laissait un court délai avant de se bouger, Lightning ferma les yeux et… somnola oklm. Elle n’entendit donc pas que le turk s’enquérir sur son statut actuel, pour vérifier qu’il n’y avait pas eu de dégradation depuis qu’elle l’avait informé de sa survie. Le bruit de la porte (Reno semblait avoir voulu l’enfoncer alors qu’elle était ouverte nom d’un chien) lui fit aussitôt ouvrir les yeux et son regard las croisa celui inquiet du roux. Avec un brin de retard, son bras malade replongea dans l’eau tandis qu’elle laissa reposer son menton sur son bras valide comme si de rien n’était. Si Light avait été un peu plus spontanée et plus bavarde, elle aurait certainement demandé combien de temps elle était restée out pour qu’il fasse cette tête là. Elle ne lui en voulait pas du tout d’être entré. Si elle avait laissé la porte ouverte, c’était justement pour qu’il puisse y accéder s’il en éprouvait le besoin, comme elle avait aussi une douche qu’il pouvait utiliser tant qu’à faire. Elle avait passé sa vie entourée d’hommes, et avait désormais autant de pudeur devant eux que si elle en était elle-même un. Adolescente, Light avait eu pas mal de peine pour cette intimité mise à mal, désormais, cela n’avait plus aucun sens. Sa précédente maladie avait noyé tout les derniers résidus de gêne qu’elle aurait pu éprouver. « C’est trop demandé de me répondre quand je t’appelle ? Non pas que j’m’inquiétais, tu vois, mais c’est plutôt agaçant » « J’ai rien entendu. T’aurais dû essayer un octave au-dessus ».

Reno vint s’installer sur le rebord de la baignoire et Lightning tourna la tête en relevant mollement le visage vers lui. « Je te croyais déjà couché », dit-elle en scrutant son visage blafard et ses cernes semblant vouloir rivaliser avec les siennes. Quand on était dans ce genre de misère et qu’on avait une personne pour alléger ce fardeau, c’était un peu comme si on avait élevé les moutons avec. De ce fait, cette scène lui paraissait normale alors qu’elle ne l’était pas. Lui aurait dû partir sans un regard en arrière et elle aurait dû préférer rester seule. « T’arrives à sortir de là, au moins, ou tu comptes te laisser mijoter dans ta baignoire jusqu’à ta mort ? S’tu pouvais manger la tonne de pâtes que j’ai raté avant, tu m’ferais plaisir. » Lightning cligna lentement des yeux, dubitative, lorsqu’il lui recouvrit la tête et qu’elle ne vit plus rien « Comment peut-on rater des pâtes ? », marmonna t-elle pour elle-même en retirant la serviette de sa tignasse de sa main saine, l’autre restant résolument dans l’eau. Elle remarqua alors que le turk avait débouché la baignoire et poussa un soupir bruyant pour signifier que ce n’était pas cool. Un problème venait de surgir. La seule échappatoire pour cacher les miasmes crades de son bras sans que ça ne soit flagrant était en train de se faire la malle dans le tuyau ! Comme quoi, il y avait bien une chose sur laquelle elle était pudique et le serait toujours : sa propre faiblesse. « Toi qui veux te rendre utile, c’est le moment de m’apporter la trousse de soin. La porte juste à droite, tiroir du haut de la commode », indiqua t-elle d'un signe de la main pour le congédier « Merci ». Elle avait donné une fausse indication afin de l’obliger à fouiner et à perdre du temps. D’autant que la porte indiquée, c’était son dressing militaire, soit l’exposition de toutes ses armures, tous ses équipements et toutes ses matérias, qui pourraient détourner l’attention du rouquin de son objectif premier. Il pouvait même se servir qu’elle ne lui en tiendrait pas rigueur. L’important, c’était juste qu’il soit… occupé ailleurs. Cela lui laissait le temps de chercher une solution pour cacher son bras avant de le retrouver. Attendant qu’il quitte la salle de bains, la rose se fit un shampoing vitesse éclair juste histoire de. Puis elle se rinça au jet d’eau glacial pour se réveiller, se releva, mit la grande serviette sur ses épaules comme une cape, sortit prestement de la baignoire, glissa sur les deux pieds en avançant parce qu’elle manqua de se casser la figure (si tu penses d’ailleurs qu’un moonwalk vers l’avant n’existe pas, sache désormais que si) et atteint finalement le meuble sous l’évier en s’agenouillant. Récupérant la trousse de soin et ouais, elle était en fait là !, Lightning enroula les bandages autour de son avant-bras à la One Again Bistoufly et fixa le tout avec du sparadrap arraché avec les dents. Accoutumée au travail d’urgence, le rendu fut plutôt propre. La potion n'avait pas été si inutile au final... Plus tranquillement, puisque le plus important était fait, Light enfila les sous-vêtements noirs propres qui séchaient sur le radiateur. Après s’être brièvement essoré les cheveux, elle s’assit à son tour sur le rebord de la baignoire et pansa la lourde plaie sur son flanc qui n’avait pas du tout cicatrisé malgré la boisson thérapeutique qu’elle avait prise. A cause de sa maladie, ce genre de blessure allait tarder et risquer de se rouvrir au moindre mauvais mouvement. Vu l’emplacement et le tracé de celle-ci, il semblait que le Cauchemar avait été à deux doigts de lui découper un néné De rien. Elle se retrouva en difficulté quand il fallut bander également l’épaule droite, dont elle avait retiré la bretelle. Lightning était ambidextre au combat mais pas pour ce genre de connerie « Eh, Reno ? Je vais avoir besoin d'un coup de main là » lança t-elle de sa voix de râleuse.


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MessageSujet: Re: This ain't no place for no hero - Reno   Mer 3 Jan - 22:30


« Sauvetage en pleine mer. »



Quelle mauvaise foi. S’il avait crié plus fort, il aurait sûrement alerté tout le quartier que sa chère camarade de fortune se noyait dans vingt centimètres d’eau. Entamant un air d’opéra pour illustrer ladite octave, il ne se fit pas prier pour la gratifier d’un air si blasé qu’il pouvait aisément concurrencer le sien. Quelle charmante demoiselle, un véritable amour.

-Comme si j’allais dormir et te laisser mourir sans assister au spectacle. C’est mal me connaître.

En quelques heures, ils connaissaient déjà tout de l’autre, et pourtant ils étaient deux purs inconnus. Le destin jouait parfois des tours plutôt cocasses. S’il l’avait croisée fringante, l’issu aurait été toute autre. Il ne prit même pas la peine de répondre à la provocation des pâtes, car il était la preuve vivante que tout pouvait être raté si on s’en donnait vraiment la peine, au lieu de quoi il se fit le plaisir d’aller chercher la trousse qu’elle venait de réclamer. L’air de rien, il ne tenait pas particulièrement à voir cette si aimable créature dans son simple appareil s’il pouvait l’éviter, manquerait plus que toute cette histoire s’apprenne et renforce sa réputation digne de celle d’une fille de joie. A entendre son sifflement admiratif, dans l’autre pièce, la panoplie militaire qui lui fit face à l’instant où il ouvrit le dressing acheva de lui faire oublier toute idée de soin et de… Qu’est ce qu’elle lui avait demandé, déjà ? C’était son côté Turk qui parlait, et tous ces merveilleux jouets lui faisaient de l’œil. Ça en faisait, des matérias. Admirant les différentes armures, et divers couteaux qui ornaient chaque centimètre de ce paradis caché, cela en devenait presque inquiétant de voir cette morbide fascination pour tout ce qui avait un lien avec la guerre. Il fit tourner une matéria entre ses doigts avec la douce tentation de voir à quoi elle pouvait bien servir, mais son état de fatigue avancée risquait de déclencher un cataclysme. Il la reposa avec soin, non sans un malicieux sourire qui annonçait bien des choses. Il pourrait bien s’amuser un peu un jour, nul doute là-dessus. Le seul regret de sa vie fut donc de louper le fameux moonwalk avant de la capitaine.

Après un moment passé à contempler ces milles merveilles avec un air émerveillé, bien qu’il en ait vu d’autres -la fatigue, que voulez-vous : elle pourrait lui montrer un simple couteau à beurre qu’il serait tout de même content-, il se souvint soudain qu’elle lui avait demandé un coup de main qui tardait à venir. Mais pour avoir détaillé de fond en comble l’endroit, aucune trousse ne trainait. Il s’était fait rouler. Maligne, la garce. Et il entendit sa douce voix -saisissez l’ironie- s’élever de nouveau pour l’appeler comme s'il était sa mère. Elle le virait et le ramenait comme s’il avait été son petit assistant personnel, mais fallait admettre qu’il était, pour le coup, une bonne poire. S’il avait été à sa place… Il aurait fait exactement pareil. Il la rejoignit pour la millième fois au moins en râlant tout bas, l’air bougon.

-Si on m’avait dit un jour que j’serais pas motivé à l’idée de rejoindre une femme à moitié nue… J’aurais ri, tu t’en rends compte de ça ? marmonna-t-il tout en la contemplant de bas en haut avec un air faussement dépité : Et toi, t’es là, tu râles, et j’aurais pu être un vieux pervers que t’en aurais rien eu à secouer.

Elle avait déjà meilleure mine, avec ses pansements, et sans les hectolitres de sang qu’elle répandait un peu partout. Grincheuse. Mais disons qu’elle était passée de zombie à momie, amélioration notable. Il s’approcha d’elle sans ciller pour lui prendre les bandages, et regarder la fameuse épaule qu’il était censé bander. Avec un soupir léger, et des gestes trahissant une habitude aussi ancrée dans son quotidien que celle de la soldate, il entreprit de savamment l’enrouler. Il eut envie de la saucissonner bien serrée, qu’elle se rappelle de lui un moment, mais songea au fait qu’elle allait râler plus longtemps encore. Mieux valait perdre un minimum de temps et faire le job correctement dès le départ.

-Mais lève moi ce foutu bras, bon sang, j’y crois pas que tu sois aussi molle, la gronda-t-il avec lassitude, tout en chassant ces cheveux encore humides qui le gênaient.

Il s’agissait plus de trouver de quoi lui reprocher quelque chose que de vraiment rendre la tâche plus aisée. Qu’elle le lève ou non, ce bras, il aurait fini par y arriver. Le tout ne prit que quelques dizaines de secondes, le temps qu’il s’assure qu’elle n’était pas incommodée par ce bandage neuf, mais qu’il tiendrait un moment. Elle ne bougerait cependant pas des masses dans les heures à venir, à son humble avis, donc pas de quoi s’inquiéter à ce niveau là. Il recula de quelques pas pour la scruter, l’air critique, mais paru plutôt satisfait à en voir le léger sourire qui releva le coin de ses lèvres. C’était un travail propre.

-Bon, tu viens les manger, ces pâtes, ou tu vas poser ici encore un moment ? C’pas que la vue me dérange, mais j’vais finir par m’endormir sur place.

Sur ces mots, il retourna dans la cuisine pour se caler l’estomac, lui laissant le loisir de s’habiller avant de le rejoindre ou de continuer son numéro d’exhibitionniste. Au point où il en arrivait, de toute manière, il allait finir par l’imiter et se laisser mourir dans un coin. Paix à son âme. Alors qu’elle avalait ces pâtes amplement comestibles, et elle faisait bien sinon il l’aurait très -très- mal pris, il la jaugea de ses yeux clairs et cernés, rieur. Avec ses mèches roses, encore quelque peu mouillées, et complétement hirsutes, elle avait une tête risible.

-T’as décidé de te mettre à la coupe de Strife ? C’est pas le meilleur des exemples.

Il pouvait bien parler, lui qui donnait l’impression de se coiffer avec un pétard. Avec des réflexions pareilles, en revanche, il allait finir par se faire jeter. Mais il pouvait se le permettre : elle n’avait décemment pas assez de force en ce jour pour lui botter le train.


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MessageSujet: Re: This ain't no place for no hero - Reno   Ven 5 Jan - 17:04


This
ain't
no
place
for
no
hero

« Si on m’avait dit un jour que j’serais pas motivé à l’idée de rejoindre une femme à moitié nue… J’aurais ri, tu t’en rends compte de ça ? » Rectification, une guerrière à moitié nue avec l’humeur d’un pitbull. C’était censé la blesser d’ailleurs ? Lightning fut même intérieurement surprise qu’il la traite de femme ! C’était presque délicat de sa part tout compte fait. Le visage blasé de la rose ne changea pas d’un iota. Quelle que soit l’intention, il trainait du pied. « Et toi, t’es là, tu râles, et j’aurais pu être un vieux pervers que t’en aurais rien eu à secouer » « Naturellement. Nous savons tous les deux que ce n’est pas mon état qui m’empêcherait de t’en allonger une » Aucun individu ne l’intimidait en temps normal, c’était d’autant plus vrai depuis qu’elle avait croisé le cauchemar et se trainait la Geostigma. Après ces petites secondes à se bouffer la troncher et s’observer en chien de faïence, Reno consentit enfin à l’aider et prit les bandages pour faire le boulot. « Mais lève moi ce foutu bras, bon sang, j’y crois pas que tu sois aussi molle » « T’es lourd ! » rétorqua t-elle sur le même ton en obtempérant tout de même pour lui faciliter le travail. Une fois qu’il eut accompli sa tâche, Reno se leva et Lightning jaugea le résultat. C’était si proprement fait que même elle ne trouva rien à redire. Précautionneusement, prudemment, la jeune femme remit sa bretelle. « Bon, tu viens les manger, ces pâtes, ou tu vas poser ici encore un moment ? C’pas que la vue me dérange, mais j’vais finir par m’endormir sur place » « Va. Je te rejoins dans une minute », murmura t-elle presque aimablement alors qu’elle s’occupait de refermer la plaie de sa cuisse avec des stéri strips. La potion en avait diminué la gravité, c’était ça de pris.

Les vestiges féminins étant trop bien planqués dans son armoire, Lightning récupéra machinalement un débardeur noir d’homme qui lui allait assez comme une robe et l’enfila. Elle rejoint ensuite Reno dans la cuisine où les pâtes en caoutchouc l’attendaient. Minerva, on aurait dit un repas de taulard. S’installant à table, Light tenta de piquer quelques fourchettes de son assiette. Elle n’était pas vorace, ni très difficile mais là… « Ton truc est en train d’annuler les effets de la potion », lança t-elle, sarcastique. Il avait fichtrement bel et bien raté des pâtes. Voulant sauver la mise, le capitaine se leva mollement, ouvrit le frigo, ajouta du gruyère, de la crème fraiche, et mit le tout au micro-onde. En attendant, elle servit deux grands verres de Whisky, parce qu’il lui fallait un truc bien fort pour supporter cette nuit. Un pour elle, un pour Reno. Elle se rassit ensuite avec son nouveau plat qui était déjà un peu plus… mangeable. Lorsque le turk mentionna Strife, Lightning manqua de justesse de demander « C’est qui celle là ? » mais réalisa qu’il s’agissait de Cloud, Cloud Strife. Loin de se trouver offensée d’être comparé à un homme, la guerrière venait surtout de prendre connaissance des épis qui s’étaient formés dans sa chevelure. Elle s’en foutait, et ne voyait pas pourquoi Reno critiquait alors que… il s’était regardé deux secondes ? « T’es un exemple toi ? Pff, le croisement entre Tseng, Red XIII et Tahiti Bob qui m’fait une leçon capillaire… », répliqua t-elle acidement. S’il y avait bien un hérisson auquel il ne fallait pas se frotter en joute verbale, c’était bien elle. Toujours est-il qu’elle aimait bien qu’il lui balance des piques, c’était un type de langage qu’elle comprenait et auquel elle était réceptive. Un fin sourire relevait d’ailleurs le coin de ses lèvres. Et non, le whisky n’y était pour rien. Une fois qu’elle n’eut plus faim (elle n’avait pas fini l’assiette mais avait déjà bien mangé), Lightning ramassa la vaisselle pour la nettoyer en soupirant d’épuisement. « Certes le lit est grand, mais si t’es du genre à ronfler ou à gigoter, dans ton intérêt, je te suggère le canapé » Oui, c’était une forme de menace, mais le fait qu’elle ne l’ait pas directement assigné au canapé était déjà sa façon de se montrer reconnaissante Il méritait plus le lit qu’elle à dire vrai. Ayant vite fait débarrassé, Lightning se lava les mains, alla se brosser les dents, puis se dirigea vers la chambre, la démarche lasse, ankylosée. Elle se glissa sous les couettes en se disant que, même si elle n'allait pas bien dormir, c'était quand même la meilleure sensation du monde.


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MessageSujet: Re: This ain't no place for no hero - Reno   Mar 9 Jan - 17:51


« Sauvetage en pleine mer. »



Elles n’étaient pas si terribles, à son avis, ces malheureuses pâtes. Après, il fallait admettre qu’une fois qu’elle eut posé son assiette nouvellement assaisonnée et rattrapée avec ce qui traînait pour la rendre plus ragoutante, il fut presque jaloux. Le verre de Whisky fut quant à lui accueilli avec gratitude, car il permettrait au moins de consoler son égo blessé par ce douloureux échec culinaire. Il se retint à grand peine d’en descendre la moitié lorsqu’elle répliqua à juste titre, car il était le premier à avoir lancé ce houleux débat capillaire. S’il manqua d’avaler de travers face à sa comparaison oh combien imagée, il ne put en revanche retenir un ricanement grinçant.

-Touché.

Roulant des yeux pour ponctuer le fait qu’il trouvait tout de même qu’elle exagérait, il se concentra ensuite sur le fait de ne pas se tuer avec son assiette, et l’alcool s’avéra très utile pour faire passer le tout sans dégâts. C’était bien la dernière fois qu’il tentait autre chose que de commander une pizza une fois arrivé à cet état de fatigue. Il s’agissait de trop d’efforts pour trop peu de résultats. Il la scruta avec intérêt lorsqu’elle quitta la table, au moins satisfait de voir qu’elle avait mangé -plus qu’il ne l’aurait cru, fait qui acheva de lui faire oublier le petit accident de cuisson. Alors qu’elle traîna un peu la patte, au sens propre comme au figuré, dans la dernière ligne droite qui la séparait du lit, il se laissa fureter encore un peu dans la maison. Il écoutait d’une oreille distraite l’eau couler dans le lavabo de la salle de bain, ayant d’ores et déjà décidé que l’invitation, car c’en était une, ne tomberait pas dans l’oreille d’un sourd, et il la croisa alors qu’elle avançait comme un corps sans âme vers une porte qu’il devina être la chambre.

-Ne te presse pas, surtout, capitaine Strife.

Sur ces mots empreints d’ironie, il se cloisonna dans la salle de bain. Parce qu’il avait beau dire, après réflexion, lui non plus ne sentait pas la rose. De tous ces mètres passés à soutenir la carcasse de sa camarade, il gardait du sang sur ses vêtements, qui s’il ne le dérangeait pas outre mesure, suffisait à donner l’envie de se doucher à n’importe qui. L’idée de sentir le roquet ne l’enchantait pas non plus autant qu’on pourrait le croire. Quoi que sentir la femme n’était pas réellement mieux. Du moins ce fut son impression première lorsque, presque en train de se laisser noyer sous le jet d’eau brûlante, il contempla le savon d’un œil blasé. C’était à se demander si une quelconque présence masculine avait un jour foulé le sol de cette demeure. Alors soit, il dut se résoudre à utiliser ce gel douche senteur femme, dont les ingrédients soi-disant délicats manquèrent de faire lâcher ses nerfs pour de bon. Il en vint à étouffer son rire contre sa main, pestant contre l’odeur doucereuse tellement loin de ce qu’il utilisait chez lui. Délicat. C’était là le mot qui semblait, de tous, s’éloigner le plus de la soldate. Grincheuse. Violente. Pas même féminine, à bien y réfléchir. Tout, mais pas délicate, en somme. Il prit ce qu’on pourrait nommer une douche-commando, tant pour ne pas abuser de la bonté -toute supposée- de son hôte, que pour éviter de la réveiller si par malheur elle avait déjà fermé l’œil.

Une fois sorti, à regret certes, il passa devant le canapé sans même daigner lui adresser un regard. Parce qu’il ne s’agissait même plus d’une question de cordialité, simplement de l’instinct du dormeur. Alors ce fut sans autre forme de procès que sa propre volonté qu’il se laissa s’affaler dans le lit de la jeune femme. Il n’avait pas de pudeur. Elle n’en avait pas plus. Il était ruiné, moins qu’elle, mais assez pour ne plus avoir en tête autre chose que la sieste la plus douce de sa vie. Il arqua un sourcil en constatant qu’elle ne dormait toujours pas, et dût lui-même retenir un énième bâillement, qui finirait bien par lui déboîter la mâchoire. Torse nu -elle était bien à moitié nue, elle aussi, merde-, il récupéra un bout de drap pour la forme, mais resta au moins non loin du bord du lit. Un reste de convention humaine, sans doute, mais il n’allait nullement tarder à s’étaler si par chance elle ne tentait rien pour le virer de là.

-J’ronfle pas. Et j’suis trop crevé pour bouger d’un pouce. T’avais qu’à pas proposer… Marmonna-t-il avec une once de malice, car si elle n’avait lâché une forme d’accord quant à l’invasion de son matelas, il aurait quand même tenté sa chance. On ne refait pas un Turk. Reno moins encore, car il en venait à douter que Tseng aille un jour de son plein grès partager le pieu de quiconque. Mais lui ne savait pas s’amuser, d’un autre point de vue.

A croire qu’il était déjà en train de somnoler avant de toucher les draps -divins, il n’aurait jamais pensé les apprécier tant-, il n’avait plus bougé dès lors qu’il eut trouvé un soupçon de chaleur et de confort. Elle pouvait bien faire ce qu’elle voulait, lui allait dormir, car aucun Cauchemar ne planait au-dessus de sa tête comme une épée de Damoclès.


Terminé ~

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